Apocalypse 12 – Les combats du diable

Cette prédication a été apportée à la chapelle de l’Institut durant le printemps 2017. Il convient de garder à l’esprit l’identité du public, à savoir des étudiants qui se forment en vue d’exercer un ministère de l’Evangile. Le style oral de la prédication a été largement conservé.

 

INTRODUCTION

On parle avec fierté des « Diables Rouges » en Belgique, n’est-ce pas ? Je me demande s’il n’y a pas le danger qu’en ce faisant, on ne prenne pas le diable rouge au sérieux. Bien entendu, ceux qui suivent le foot ne cherchent pas forcément à se moquer de la foi chrétienne, toutefois cela contribue au sentiment que le diable rouge, lui, n’est à prendre au sérieux.

Ce qui est une grosse erreur.

En nous focalisant maintenant sur quelques versets d’Apocalypse 12, nous verrons à quel point c’est un ennemi redoutable. On nous le présente au v. 3 : « Un autre signe parut encore dans le ciel ; et voici, c’était un grand dragon rouge feu, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes ». Les cornes symbolisent sa puissance, et les sept têtes désignent son pouvoir universel. Le dragon est identifié pour nous au v. 9 : « le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre ».

Et dans ce chapitre on voit le diable actif de deux manières. On pourrait dire qu’il y a deux combats dans lesquels le diable s’est engagé – l’un qu’il a déjà perdu, l’autre qui est toujours en cours. On va se focaliser sur le deuxième – celui qui est toujours en cours. Mais notons, en passant, le premier, qui a eu lieu pendant le ministère terrestre de Jésus.

Premier combat – durant le ministère terrestre de Jésus

Les v. 1 et 2 nous parlent d’une femme qui est enceinte – dans les douleurs de l’enfantement. On voit au v. 5 le fils qu’elle enfante. Il est question de Jésus, car cet enfant doit « paître toutes les nations avec une verge de fer ». C’est une citation du psaume 2 – qui parle du Messie, du Christ. La femme n’est pas Marie, car au v. 17 nous apprenons qu’elle avait une postérité : « ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui retiennent le témoignage de Jésus ». Là, il est question des chrétiens. La femme représente donc le peuple de Dieu dans son ensemble, le peuple messianique : Jésus est issu de ce peuple, de la descendance d’Abraham, de David. Et l’Eglise est la continuité de ce peuple messianique.

Au moment de l’accouchement de la femme – ce qui signifie donc le moment de l’incarnation de Jésus –, le dragon « se tint devant la femme, afin de dévorer son enfant une fois qu’il soit né » (v. 4). L’ennemi du Messie cherchait à tout prix à empêcher la venue du Messie, à faire échouer le plan de Dieu.

Ce combat a eu lieu pendant le ministère sur terre de Jésus, car le v. 5 parle de l’ascension du Christ. Puisque le Fils « fut enlevé vers Dieu et vers son trône », le dragon n’a pas pu empêcher le ministère du Christ, sa mort, sa résurrection. Il a essayé de le faire, n’est-ce pas, par tous les moyens ? Hérode qui cherchait à supprimer le Messie en mettant à mort tous les nouveau-nés de moins de deux ans dans sa contrée. Satan lui-même qui tentait Jésus dans le désert. Ceux qui cherchaient à lapider Jésus, ou à le précipiter en bas d’une falaise. Même Pierre qui voulait empêcher Jésus de poursuivre sa route vers la croix. Mais Satan n’a pas réussi.

Et les v. 7-9 décrivent ce premier combat d’un point de vue céleste. Il y a eu une guerre dans le ciel. Mais Michel et ses anges ont remporté la victoire. Et, par conséquent, le diable a été précipité sur la terre, ses anges avec lui.

A partir de ce moment, il n’a plus eu accès au ciel – non pas qu’il ait appartenu au ciel avant cela, mais, dans l’Ancien Testament, on constate qu’il pouvait paraître de temps à autre devant Dieu (p. ex., au début du livre de Job). Mais, dès la mort et la résurrection de Jésus, il est exclu du ciel.

Mais cela ne signifie pas que l’activité du dragon soit terminée.

Non, v. 12 : « [M]alheur à la terre et à la mer ! car le diable est descendu vers vous animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps ». Nous sommes en présence du deuxième combat.

Second combat – à l’époque où nous sommes

Satan est encore actif. v. 13 : « Quand le dragon vit qu’il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté le fils ». Voilà sa poursuite du peuple de Dieu – de l’Eglise de Jésus-Christ. Oui, il s’oppose à ceux qui proclament l’oeuvre de Jésus, car il n’a pas pu empêcher Jésus d’agir. Et la guerre a encore lieu aujourd’hui.

Le v. 6 parle de la femme – l’Eglise – qui est nourrie pendant 1260 jours. La même période est mentionnée au v. 14 : « un temps, des temps, et la moitié d’un temps ». Là, il faut comprendre « des temps » comme étant le double d’« un temps », ce qui fait que le temps total est de trois ans et demi. Cela correspond à 42 mois de 30 jours chacun – autrement dit, à 1260 jours. Il s’agit d’une période symbolique, qui évoque cette même période mentionnée en Daniel et qui signifie une période de persécution – de difficultés – pour le peuple de Dieu. Il est donc question de toute la période allant de l’ascension au retour de Jésus – période pendant laquelle le diable est actif sur la terre.

Ce qui veut dire que nous y sommes toujours. Et ce chapitre nous ouvre les yeux par rapport à cette guerre, à l’activité diabolique sur terre.

C’est une guerre dure, rude, pour des croyants.

Satan est animé d’une grande colère. Si vous venez d’un contexte familial où le papa s’emportait de temps à autre, rien que cela fait peur, n’est-ce pas ? Entendre que Satan est animé d’une grande colère doit nous secouer un peu.

La vie chrétienne n’est pas, chers amis, un long fleuve tranquille. Le ministère chrétien ne l’est pas non plus.

J’étais avec des amis ce week‑end qui disaient que notre génération est l’une des rares qui n’a pas connu la guerre. En temps de guerre, la société, le pays, se met en mode de guerre : attentif, vigilant, focalisé sur la bataille, conscient de l’ennemi.

Et en temps de paix, il y a le temps pour diverses activités : les loisirs, le divertissement, l’amusement. En temps de paix, nous sommes plus cool, relax ; il n’y a pas de danger ; tout va bien.

Parfois on conçoit le ministère chrétien comme si nous étions en temps de paix. Voici une chouette petite Eglise à laquelle j’appartiens ; au sein du groupe de jeunes, des amitiés se créent, et on s’amuse bien ensemble ; les camps sont super ; petit à petit, j’exerce des responsabilités – je mène une étude ou je donne une leçon à l’école du dimanche ; je trouve chouette d’être en mesure d’encourager les uns les autres, de donner un peu de joie et d’espoir aux seniors qui me voient comme étant l’avenir de l’Eglise ; je suis content d’approfondir mes connaissances bibliques ; je suis désireux de contribuer à l’oeuvre de Dieu.

Et dans cette perspective, les ennuis que nous envisageons restent relativement peu importants : l’administration un peu contraignante, le salaire relativement modeste, l’une ou l’autre personne un peu difficile dans l’Eglise.

Mais malgré les apparences, le ministère chrétien est un combat. Avec un ennemi redoutable.

Pour le reste de notre temps, j’aimerais qu’on se concentre sur les v. 10 et 11, pour mieux comprendre l’une des stratégies principales de notre ennemi pendant ce combat.

La stratégie de l’accusation

Car au v. 10 Satan est décrit comme étant « l’accusateur de nos frères, celui qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit ».

Sa stratégie est maligne. On pouvait s’attendre à cela, n’est-ce pas ?!

Oui, c’est vrai, et il le sait : il n’arrivait pas à persuader le Christ de le suivre, de le croire, de céder à ses tentations. Après tout, il ne pouvait pas s’appuyer sur l’hypocrisie de Jésus, ni ses péchés, ni ses manquements ou faiblesses.

En revanche, Satan connaît nos faiblesses, nos petites hypocrisies, nos manquements, nos péchés, nos fautes. Il sait que les chrétiens aiment chanter la gloire de Dieu le dimanche matin, mais il sait également que cette même semaine nous nous sommes aussi servis de notre bouche pour maudire et blesser les autres. Il sait que nous prétendons désirer contempler la gloire de Dieu en Christ, mais que nous avons utilisé nos yeux pour contempler et convoiter les choses de ce monde sur nos écrans. Il sait que nous disons avoir la foi seule pour le salut, mais il connaît les moments où nous cherchons encore les richesses, le confort, les récompenses, la flatterie que nous estimons parfois « mériter ».

Il sait que, oui, il y a des moments où nous essayons de parler de Jésus, de la bonne nouvelle. Mais il sait qu’il y a aussi des moments où nous échouons, où nous n’osons pas parler de Jésus, où nous avons honte de lui. Il sait que les étudiants d’un institut biblique font de leur mieux pour profiter de leurs années d’études pour grandir dans la connaissance de Dieu. Mais il sait aussi à quel point il est difficile de ne pas convoiter les dons que le Seigneur a donné à d’autres étudiants. Il sait à quel point un prof aimerait avoir les dons d’autres profs.

Nous constituons une proie facile pour le diable.

« Toi, tu es à l’Institut Biblique, et tu luttes encore avec ce péché-là ? Toi, tu penses enseigner aux enfants comment obéir au Seigneur, mais tu ne te souviens pas de ce que tu as dit hier à ton épouse/ton époux ? Toi, étudiant de la Bible, mais tu as cette face cachée ? Qui es-tu pour instruire les autres ? Hypocrite ! »

La réplique encourageante : 1. le sang de l’Agneau

Et c’est pour cela que le v. 11 est l’un des versets les plus encourageants de toute la Bible. Comment ont-ils vaincu le diable ?

Au moyen d’une vie exemplaire ? Faudrait-il que nous disions ce matin à l’ennemi – « OK, OK, tu as raison, cette semaine ce n’était pas bien, mais écoute, la semaine prochaine je vais vraiment faire un effort, et tu verras, j’en suis capable ».

Est-ce le fait de vivre une journée, une semaine réussie du point de vue chrétien – avec des prières, de l’entraide, un mot de témoignage, de l’humilité, de la reconnaissance, les meilleures notes possibles pour les devoirs : est-ce ainsi que j’arrive à vaincre l’ennemi ?

v.11 : « ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau ». Le sang de Jésus-Christ – le sang précieux de Jésus-Christ – a coulé pour les siens. Pour nous purifier, pour nous justifier. Aucune accusation de l’ennemi ne pourrait donc marcher.

« Oui, Satan, tu as raison : je suis loin d’être celui que je dois être. Mais le Christ est mort pour moi ; il est ressuscité ; il m’a sauvé de mes péchés. Alors tais-toi, Satan. Car ma bonne relation avec Dieu ne dépend pas de moi. « Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? C’est Dieu qui les déclare justes ! » (Rm 8,33-34) Dégage ! »

de l’Agneau ». Dans le combat, nous vainquons le diable non pas grâce à nous, mais grâce à Jésus. La réplique encourageante :

2. la parole du témoignage

Mais le v. 11 nous donne un deuxième moyen de vaincre l’ennemi : ils l’ont aussi vaincu « à cause de la parole de leur témoignage ». C’est-à-dire, « la parole de leur témoignage » concernant Jésus-Christ – la proclamation de l’Evangile de Jésus-Christ.

Satan ne veut pas qu’on fasse cela. Il ne veut pas qu’on soit formé pour aider d’autres, à leur tour, à faire cela. Car il le sait très bien : s’il arrête le témoignage du Christ, l’Eglise cessera d’exister, et le message du Christ ne se répandra plus. Il essaie donc de persuader les chrétiens de ne pas témoigner.

Pensons aux justifications que donnent des chrétiens pour ne pas témoigner :

« Aujourd’hui n’est pas le moment propice pour mentionner que je suis chrétien. »
« L’événement qu’organise l’Eglise ne marchera pas bien pour mes connaissances à moi. »
« Oui, bien sûr, je veux partager l’Evangile, mais j’ai consacré ce soir aux études. »

Parfois ces justifications sont appropriées. Mais si, sans cesse, je trouve des raisons de ne pas témoigner, alors Satan mène le combat. Car il veut empêcher que la bonne nouvelle se répande.

Et il y a un danger que les étudiants en théologie préfèrent la théologie au Seigneur lui‑même. Qu’ils préfèrent la complexité à la simplicité du message de Christ crucifié.

Nous vainquons Satan à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de notre témoignage.

Ce combat est rude. Ce qui signifie, chers amis, que nous devons ressembler à ceux « qui n’ont pas aimé leur vie comme l’affirme la suite du v. 11. C’est ainsi, lorsque les disciples de Jésus renoncent à leurs propres intérêts pour servir leur maître, que Satan n’arrive pas à les tromper. Que peut-il faire s’ils sont même prêts, en principe, à mourir ?

CONCLUSION

Ne soyons pas naïfs : il y a un ennemi redoutable. Mais ayons confiance – car la victoire est assurée. C’est pourquoi le v. 10 commence ainsi : « Et j’entendis dans le ciel une voix forte qui disait : Maintenant le salut est arrivé, ainsi que la puissance, le règne de notre Dieu, et l’autorité de son Christ… »

Oui, Satan est en colère, mais il sait que son temps est court.

Voici une illustration :

Pensons à un jeune enfant à qui sa maman dit qu’il est temps de faire la sieste. Il n’a pas envie de monter dans sa chambre. Il râle. Il jette ses jouets. Mais sa rage ne change rien à la situation. Sa maman le prend dans ses bras pour le mener dans sa chambre. La bataille est terminée. Mais est-ce pour autant qu’il arrête de pleurer – de hurler, de bouger dans les bras de sa mère ? Non, il continue – même si c’est inutile. Les tribulations actuelles dont souffre l’Eglise de Jésus-Christ font partie de la rage de Satan – mais sa rage est le signe que son temps est court.

Nous n’avons pas à craindre quant à la victoire ultime – car le Christ est déjà proclamé roi.

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