Genèse 2.4-25 – Comment structurer correctement sa vie

Ce message a été apporté par le directeur lors de la chapelle de rentrée du second semestre (le 5 février 2013).

Le constat est là : dans nos sociétés occidentales, l’attachement aux valeurs chrétiennes est en train de se distendre, de s’inverser à une vitesse impressionnante.  Je n’ai pas grandi dans un foyer chrétien, mais mes parents étaient héritiers de valeurs chrétiennes, et le présupposé qui régnait dans mon éducation, c’est que le mensonge, l’arrogance et l’immoralité sexuelle étaient exclus, voire des sujets de honte.  Il y a quelques semaines, Myriam et moi, nous avons visionné le DVD d’un film récent dont le succès dépend du présupposé inverse – que le mensonge, la fierté et l’immoralité sexuelle sont des vertus.  Lorsque je grandissais, dans mon pays (l’Irlande), le divorce n’était pas possible – il était illégal.  Aujourd’hui, non seulement le divorce est légal, mais le premier ministre adjoint a déclaré que le « mariage » entre deux personnes du même sexe relève des droits humains et constitue le grand dossier de droits humains de notre époque.  Il y a cinquante ans, un acte sexuel entre deux personnes de même sexe était un crime dans la majeure partie du monde.  Aujourd’hui, onze pays, dont le nôtre, permettent à de tels couples de s’unir dans ce qu’on appelle le mariage, voire encouragent cela (et Elio di Rupo s’en targue).  Même chose dans neuf Etats des Etats-Unis.  En France, les députés ont voté en faveur d’une redéfinition du mariage.  Même chose en Angleterre.  Ajouter à cela l’adoption par des couples de même sexe, et concevoir cela dans la perspective des enfants, et l’on se rend compte de ceci : la trajectoire que beaucoup de décisionnaires semble souhaiter cibler est l’atomisation des sociétés, chacune, chacun considéré individuellement, les privilèges d’une vie familiale étant l’exception et non la règle, une minorité d’enfants bénéficiant de la sécurité qu’impliquent un père et une mère repérables1.

Là, la marche des opinions et des événements dans le sens contraire du christianisme est claire, décisive, rapide.  Il en est de même de l’écologie et du Nouvel Age.  L’Université de Princeton aux Etats-Unis est un ancien bastion évangélique.  Aujourd’hui, un professeur d’éthique de cette université, Peter Singer, a lancé une idéologie qui s’appelle l’« antispécisme » : toutes les espèces devraient être traitées au même niveau, on devrait accorder à toute espèce animale les mêmes droits.  On parle également d’accorder des droits à la terre.  Je cite Samuel Furfari dans son livre Dieu, l’homme et la nature : « Ce qui est prôné par certains environnementalistes n’est rien d’autre que l’usurpation par Gaïa, leur déesse Nature, de la divinité du Dieu des judéo-chrétiens… »2  Et d’après un article du Figaro de 2010, voici comment on pense aujourd’hui : 

Gaïa a droit à la vie, elle a droit d’être respectée, droit à maintenir son identité, droit à l’air pur, droit à la santé intégrale (!), droit d’être libre de la pollution, droit de ne pas être modifiée génétiquement, droit à réparation des dégâts commis par l’homme.  Le projet est en route de la Déclaration universelle de la Terre-Mère3.  

D’après le Nouvel Age, les distinctions sont nivelées entre Dieu le créateur et la création ; entre Dieu et l’humanité ; entre bon et mauvais ; entre l’humanité et les animaux ; entre l’humanité et la création ; entre homme et femme ; entre une religion et une autre4.

Grandir dans une société occidentale aujourd’hui, cela veut dire de plus en plus grandir dans une société sans repères pour structurer sa vie.  Ce que notre passage permet, c’est de restituer ces repères-clé qui permettent de structurer correctement la vie sur terre.

Introduction (v. 4-6)

Lisons les versets 4 à 6 (…).  Durant le 19e siècle et le 20e siècle, il était très à la mode de soutenir que ce récit du chapitre 2 de la Genèse est en porte-à-faux par rapport à celui du chapitre 1er.  Il n’en est pas ainsi.  Les deux récits sont complémentaires, le premier récit présentant la perspective de Dieu qui est au-dessus de la création, et ce second récit présentant la perspective de l’humanité, sur terre.  Le plan large de la création, la création vue d’avion en quelque sorte : lumière, eaux, terre – et ce qui les remplit.  Mais il y a une autre manière de concevoir cette même réalité – chapitre 2.  On se situe cette fois-ci sur le terrain, et, là, il y a un avant et un après : versets 5 et 6 de notre passage, avant et après la création de l’homme et la fructification du sol ; et, verset 18, avant et après la création de la femme.  Or, avant la fin du premier récit (ch. 1er), nous comprenons que la création de l’homme est d’une importance capitale – homme et femme en image de Dieu, le point culminant de la création ; maintenant, dans le second récit, tout cela se trouve développé sous un autre jour, et nous découvrons que la création des êtres humains correspond plutôt maintenant au pivot de la création.  Vers la fin du premier récit, une fois le premier couple créé, ce verdict pouvait être prononcé sur la création : c’était « très bon ».  Et dans le récit du chapitre 2, on trouve cela mis en relief du fait de ce double « avant et après »…  « Très bon » avant la création de l’homme et la fructification du sol ? Non (v. 5) : il n’y avait pas encore d’arbuste, aucune herbe de la campagne ne germait encore !  « Très bon » avant la création de la femme » ?  Non (v. 18) : « il n’est pas bon que l’homme soit seul »5.  Nous apprécions, d’ores et déjà, grâce à notre passage, l’importance de la création de ce premier couple – pivot de la création.  Et cela nous amène au verset 7 et à notre premier point-clé :  

1. En matière de dignité humaine, reconnaissons le statut particulier conféré à l’homme (v. 7)

Lisons le verset 7 (…).  L’homme se singularise par rapport aux animaux de par ce traitement particulier qui va de pair avec son statut en image de Dieu : contrairement aux animaux, l’homme est doté non seulement d’un corps, mais encore d’un esprit, d’une âme.  Comme l’affirme le livre de l’Ecclésiaste, Dieu a placé l’éternité dans le cœur humain : nous jouissons de la capacité de transcender le monde purement physique/matériel, étant des êtres foncièrement spirituels, insufflés de l’esprit de Dieu, capables en principe de connaître Dieu.  Mais attention : le verset 7 n’affirme pas, n’en déplaise aux adeptes du Nouvel Age, que l’homme devient Dieu ou un dieu.  Nous l’avons mentionné, ce premier repère se trouve miné aujourd’hui.  Mais nous n’avons pas le droit de niveler cette distinction entre les êtres humains et les animaux.  Se servir d’un aérosol pour tuer une guêpe ou piétiner une fourmi n’est pas dans la même catégorie que terminer la vie d’un enfant qui se trouve dans le ventre de sa mère ou accélérer la mort d’une personne âgée qui est souffrante.  Apporter de la nourriture à un être humain affamé n’est pas dans la même catégorie qu’arroser le sol de son jardin.  Ne nous laissons pas berner par le discours de l’« antispécisme » !  A la lumière du chapitre 6 et du Nouveau Testament, la démarche d’estomper ou de rayer les distinctions établies par Dieu dans la création, c’est inviter le jugement contre soi.  Il nous incombe de reconnaître le statut particulier conféré à l’homme.  En même temps, ne portons pas un regard négatif sur la matière créée par Dieu.  Au contraire :

2. En matière d’environnement, reconnaissons la bénédiction particulière de la création originelle dont jouissait l’homme (v. 8-14)

Lisons ces versets (…).  Voilà le monde du départ, avant qu’il ne soit maudit au chapitre 3.  Ce n’est pas que la création soit devenue intrinsèquement mauvaise à la suite de la rupture que rapporte le chapitre 3, mais qu’à ce moment-là, lors de la création originelle, les conditions qui prévalaient étaient libres de toute souillure, de toute corruption, de toute tache.  Vous avez décelé les caractéristiques qui sont mises en lumière dans le texte : une abondance de nourriture agréable au plan visuel et bonne au plan gustatif ; une abondance d’eau ; de la richesse – des métaux précieux.  Aujourd’hui, ce n’est pas toujours comme cela : comme nous le lisons au chapitre suivant, le sol a été maudit ; c’est avec peine qu’on en tire de la nourriture ; il produit des chardons et des broussailles ; c’est à la sueur de son front qu’on mange du pain.  Beaucoup d’êtres humains souffrent de manque de nourriture, de pénurie d’eau, d’absence de richesse.  D’autres, qui veulent faire de l’environnement leur dieu, essayent en vain de retrouver les bénédictions propres à l’époque de la création originelle – des projets de construction fous à Dubaï, des jardins suspendus sur plusieurs niveaux, des hôtels de luxe où chaque chambre est une petite île de rêve, la recherche d’une île paradisiaque aux Caraïbes… Mais non, ces conditions de paradis n’existent plus.  D’après notre deuxième repère, il convient de reconnaître la bénédiction particulière de la création originelle dont jouissait l’homme…  

Dans cette création paradisiaque d’alors, c’était du repos sans fin, des vacances perpétuelles – pour ainsi dire, le Martini à côté de la piscine ?  Mais non, dès avant la rébellion et la malédiction du chapitre 3, le travail était à l’ordre du jour.  Et : 

3. En matière de travail, reconnaissons la responsabilité particulière confiée à l’homme (v. 15) 

Lisons le verset 15 (…).  Travailler, gérer le monde créé par Dieu, fait partie de la définition même d’être en image de Dieu.  Rappelons-nous ces versets du premier chapitre : v. 26 (…) et v. 28 (…).  Les êtres humains sont ainsi appelés à s’acquitter de leur responsabilité en tant que gestionnaires de la création ; et cela vaut même après la rupture du chapitre 3.  Le travail est devenu plus difficile : les chardons, les broussailles, la sueur.  Mais le travail reste un privilège.  Nous avons la confirmation au chapitre 9 et ailleurs que l’image de Dieu dans l’être humain subsiste après la chute (même si cette image a été altérée par la rébellion) : le travail reste normal.  C’est un repère important qu’il vaut la peine de garder à l’esprit tout au long du semestre et au-delà.  Dieu merci, les gouvernements occidentaux reconnaissent l’importance du travail : ils reconnaissent le fait que le chômage est un fléau et luttent pour l’enrayer.  Enlever le travail à un homme en particulier, et cela peut être carrément déstabilisant.  Dans nos Eglises, prions pour nos frères en particulier qui sont sans emploi, et encourageons-les à trouver une activité, quitte à ce que ce soit bénévole dans un premier temps.  Ne plus pouvoir travailler, c’est aller à l’encontre de ce pour quoi nous avons été façonnés.  Dieu merci, un croyant a toujours du travail à faire au sein de l’Eglise !  Dieu merci, nos sociétés occidentales nous permettent de nous prémunir contre les conséquences les plus graves du chômage ; mais je me demande s’il n’y a pas des formes d’assistanat qui enferment les jeunes dans une vie d’inactivité déshumanisante.  Un jeune qui ne travaille pas du tout dans la durée devient déboussolé, et c’est attristant.  

Si mes propos vous paraissent politiquement peu corrects, notre quatrième repère nous amène à aller plus loin encore en affirmant qu’au final notre gestion du monde doit s’effectuer sous l’autorité de Dieu :    

4. En matière d’autorité, reconnaissons l’interdiction particulière imposée à l’homme (v. 16-17) 

Lisons les versets 16 et 17 (…).  Certes, Dieu accorde au premier homme beaucoup de liberté, et il jouit de privilèges immenses, mais c’est Dieu qui reste aux commandes, et son autorité doit être reconnue.  Cette expression du verset 17, « la connaissance du bien et du mal », peut nous paraître difficile.  Elle doit être comprise à la lumière du chapitre suivant et à la lumière des autres emplois dans les Ecritures d’expressions semblables.  Elle a souvent été mal comprise.  Parfois on a pensé que cela veut dire que Dieu est contre la prise de conscience de la sexualité, ou que Dieu est contre la prise de connaissance de ce qui est moralement bien et ce qui est moralement mal, ou que Dieu est contre d’autres types de connaissances.  Michel Onfray, le grand athéologue français, critique fortement le judaïsme et le christianisme sur ce point : il affirme que, d’après la Genèse, Dieu ne veut pas que les êtres humains deviennent intelligents – il veut qu’ils deviennent des imbéciles6 !  Mais ce n’est pas cela : à la lumière de ce qui suit, « la connaissance du bien et du mal » veut dire le droit de décider ce qui est bien et mal, le droit de dicter, le droit d’être aux commandes.  Dieu accorde à Adam des privilèges immenses et une liberté immense, mais il ne peut permettre à Adam d’occuper son rang, de devenir le chef ultime, de devenir Dieu à sa place – ce serait là de la rébellion.  C’est là ce qui est interdit.  La rébellion s’est concrétisée au chapitre suivant, et, depuis lors, elle caractérise chaque être humain – chaque être humain est coupable d’avoir violé cette interdiction du verset 17, ce qui fait que chaque être humain meurt.

Aujourd’hui, les êtres humains peuvent être classés dans deux groupes : d’un côté, il y a les rebelles qui veulent persister dans leur rébellion contre Dieu.  Ils se destinent à la mort et à une punition éternelle terrifiante.  D’un autre côté, il y a les rebelles qui visent pourtant à se soumettre à Dieu.  Ceux-là sont pardonnés par Dieu parce que Jésus-Christ, qui est Dieu en chair et en os, a vécu une vie parfaite qui est mise à leur compte, et il a assumé à leur place la punition qu’ils méritent.  Ces rebelles-là passent par la mort mais héritent de la vie éternelle.  Ca, c’est le grand cadeau de Dieu qui est offert à toutes celles et à tous ceux qui souhaitent reconnaître que Dieu est le chef.  

Or, nous lisons plus loin dans les Ecritures que les autorités qui gèrent nos sociétés – nos gouvernements, nos systèmes juridiques – sont instituées par Dieu ; et se soumettre à Dieu veut dire se soumettre aux autorités, y compris en matière de paiement des impôts, de respect des règles de stationnement, de non-utilisation de drogues, de remplissage de papiers administratifs apparemment inutiles, de déclarations diverses et variées.  La soumission aux autorités fait partie de notre soumission à Dieu.  Revers de la médaille : rayer Dieu de la carte (vous vous souvenez de tout le débat à propos de la mention de Dieu même dans la Constitution européenne ?), réduire l’empreinte chrétienne de nos sociétés, vouloir restreindre la propagation de l’Evangile de Jésus-Christ, et on invite moins de respect des autorités et plus de dérèglement dans nos sociétés… et encore une fois, on est privé de repères pour structurer correctement sa vie.

Nous l’avons évoqué en introduction, la législation anti-Dieu adoptée par nos gouvernements conduit à une atomisation de nos sociétés et promeut l’individualisme – ce qui nous amène à notre cinquième point :

5. En matière de société, reconnaissons la nécessité d’une aide particulière façonnée pour l’homme (v. 18-20)

Lisons les v. 18 à 20 (…).  Si vous êtes troublés par ce qui semble être l’ordre dans lequel les animaux sont créés – apparemment après l’homme ici, alors qu’au chapitre 1er c’était avant – je mentionne qu’on pourrait lire, au début du verset 19 (en fait, il conviendrait de le faire), « L’Eternel Dieu avait formé du sol tous les animaux… »  Mais l’essentiel ici, c’est de reconnaître que la solitude dans la gestion de la création n’était pas une option pour l’homme.  Il avait besoin d’une aide particulière !  Ici, nous observons Adam en train d’exercer ses responsabilités de gestionnaire sous l’autorité de Dieu – la rébellion n’avait pas encore commencé.  Il nomme les animaux dans le cadre d’une sorte de concours de beauté.  Les animaux défilent devant lui un à un, et Adam les toise du regard.  Et il en arrive à la conclusion qu’il n’y a pas d’aide adéquate.

Ecoutez cet article d’Express.be7 : 

Les chiens sont-ils vraiment le meilleur ami de l’homme ?  On le dirait, puisque les propriétaires de chiens jouissent même d’une bonne santé. C’est ce que Richard Wiseman rapporte dans son livre 59 Seconds, Change Your Life in Under a Minute. Il explique que les propriétaires de chiens se remettent mieux d’une crise cardiaque, et qu’ils ont neuf fois plus de chances d’être encore en vie une année plus tard. Lorsqu’ils se sont rendus compte de ces statistiques étonnantes, les chercheurs ont étudié les effets de la possession d’un chien, et ils se sont aperçu que les maîtres supportaient mieux le stress quotidien, étaient plus décontractés, avaient une meilleure estime d’eux-mêmes et étaient moins enclins à tomber en dépression.

Lors d’une expérience où l’on avait invité des gens possesseurs de chiens à faire des calculs, on a découvert que leur cœur battait plus lentement, que leur pression sanguine était plus basse, et qu’ils faisaient moins d’erreurs en présence de leur chien qu’en présence de leur conjoint. Un chien est donc meilleur pour la santé qu’un conjoint… 

Si tout cela est vrai, c’est parce que la rébellion est entrée dans le monde – et non parce que le chien est le meilleur ami de l’homme.  Et si Brigitte Bardot affirme se sentir plus proche des animaux que des êtres humains, là encore, c’est le résultat du péché.  Selon notre passage, un être humain simplement avec des animaux, c’était un état des lieux malsain.

Le verset 18 n’implique pas que tous les célibataires doivent se marier : n’oublions pas qu’à cette époque-là, Adam était le seul être humain sur la terre (aujourd’hui il y en a sept milliards), et nous savons grâce au Nouveau Testament qu’un croyant célibataire est précieux pour le royaume : le célibat permet une focalisation plus concentrée sur les affaires du royaume.  Mais les êtres humains sont façonnés pour le relationnel, pour la vie communautaire – et, par là, on veut dire avec d’autres êtres humains.  Je suis fan des chiens, et ma fille aussi (déjà !) – nous sommes tous deux grands fans des Labradors de mes parents – mais les chiens ne pourraient jamais être mon aide dans le travail… Quelle idée !  Mais combien je remercie Myriam pour son aide dans mon travail, et combien je remercie Dieu pour elle !  Nous arrivons donc à notre dernier repère :

6. En matière de mariage, reconnaissons l’adéquation particulière de la femme accordée à l’homme (v. 21-24)

Lisons les versets 21 à 24 (…).  Vous voyez la réaction de l’homme face à la femme ?  « Celle-ci » (trois fois dans le texte) !  Ce sont les premières paroles humaines connues, et quelles belles paroles que cette déclaration d’amour !  Michel Onfray pense que les chrétiens détestent la sexualité, les femmes et le plaisir8… Mais affirmons-le haut et fort à partir du verset 24 : les relations sexuelles sont bonnes, ont été inventées par Dieu et ont fait partie de l’état des lieux prévalant avant la rébellion !  En même temps, notons-le bien : il s’agit de relations sexuelles dans le cadre du mariage.  Le verset 24 est en effet repris par le Nouveau Testament dans le contexte du mariage, et il n’y a nulle part dans les Ecritures une attente selon laquelle le mariage pourrait avoir lieu entre deux personnes du même sexe, ni trois personnes dont un homme et deux femmes – comme au Brésil l’an dernier – ou deux hommes et une femme.  Dans le contexte du débat français, « mariage pour tous » est un non-sens.  Par définition, le mariage implique un homme et une femme, et les relations sexuelles sont censées avoir lieu uniquement dans ce cadre.  Les relations sexuelles hors mariage, les relations sexuelles entre des personnes du même sexe sont des actes immoraux qui sont fustigés dans des termes on ne peut plus clairs dans les Ecritures !  Mais visiblement, même en milieu chrétien, on n’est pas toujours au clair sur ces questions.  Une personne célibataire d’une Eglise en Wallonie voulait s’inscrire à l’Institut Biblique à temps plein à partir du mois prochain, et puis nous avons découvert qu’elle était dans une relation de cohabitation.  S’en tenir à l’enseignement biblique dans ce domaine, je sais que cela risque de nous coûter cher : serrons-nous les coudes, prions les uns pour les autres, restons sel et lumière dans une société corrompue !  Soyons prêts à être taxés d’« arriérés » au lieu de prendre nos distances avec les valeurs de ce passage prescrit pour la bonne structuration de la vie.  Vouloir renverser ces valeurs, ce serait entrer dans le champ de Genèse 3 – celui de la rébellion.

Conclusion (v. 25)

N’oublions pas où nous en sommes dans la Bible : au tout début.  Il est vrai que, depuis la rébellion et la malédiction sur la création que cela a entraînée, le verdict « très bon » doit maintenant être qualifié.  Le verset 25 de notre passage n’appartient pas à notre expérience : Nous avons toutes et tous honte de notre rébellion : moi, j’aurais honte si vous connaissiez toutes mes pensées de ces derniers jours, et vous auriez honte si nous connaissions toutes vos pensées de ces derniers jours.  Mais nous nous trouvons au début des Ecritures.  Et si nous nous trouvions à la fin des Ecritures, nous serions en présence de la contrepartie de notre passage.  Qu’est-ce que je veux dire par là ?  Qu’il va y avoir un retour à la situation d’avant – un retour au Jardin ?  Oui, dans le sens où les personnes concernées structureront correctement leur vie.  Les êtres humains occuperont pleinement la place qui est la leur : pleinement soumis à Dieu, nettement supérieurs aux animaux, bons gestionnaires de la création.  Un retour au Jardin ?  Oui, un retour aux conditions paradisiaques.  Un retour au Jardin ?  Non, cela va être beaucoup plus magnifique – tout un nouveau cosmos extraordinaire (pourrait-on dire « très, très bon ? »)… Un nouveau monde peuplé par une multitude – par une foule immense de personnes issues de toutes les nations !  Quelles personnes ?  Des personnes qui adorent Dieu – et l’Agneau de Dieu, celui qui est mort pour permettre qu’on soit là dans ce nouveau cosmos.  Et le mariage là-bas ?  Oui et non.  Non : Jésus explique que « les hommes ne prendront pas de femmes, ni les femmes de maris »9.  Mais, figurez-vous, à un endroit où le verset 24 de notre passage est cité dans le Nouveau Testament10, nous découvrons qu’en fin de compte ce verset porte sur le Mariage avec un M majuscule, un Mariage plus glorieux, celui qui existe entre le Christ et son peuple – ce Mariage qui sera consommé dans le nouveau cosmos.  Oui, il est important de bien structurer sa vie sur terre, mais, pour ce faire, il est essentiel d’être fortifié par la perspective de ce qui nous attend, si nous appartenons au Christ – une vie dans le monde à venir qui est parfaitement à la gloire de Dieu !  Amen. 

Télécharger l’article ici.
  1. Guy HUREAUX, « Le mariage « gay » dans la stratégie du chaos », article du 23 décembre 2012, http://roland.hureaux.over-blog.com/. 
  2. Samuel FURFARI, Dieu, l’homme et la nature, l’écologie, nouvel opium du peuple ?, Paris, Bourin Editeur, 2010, p. 125.
  3. Chantal DELSOL, « La tentation du panthéisme dans la société contemporaine », Le Figaro, le 21 mai 2010.
  4. Mark DRISCOLL, Gerry BRESHEARS, Doctrine, What Christians Should Believe, Wheaton [Illinois], Crossway, 2010, p. 344-345.
  5. C’est nous qui soulignons.
  6. Michel ONFRAY, Traité d’athéologie, Physique de la métaphysique, s.l., Grasset, 2005, p. 105.
  7. Article du 29 février 2012.
  8. Michel ONFRAY, op. cit., p. 103.
  9. Mt 22,30.
  10. Ep 5,21-33.