La Foi a ses raisons (Guillaume BIGNON)

Guillaume BIGNON, La Foi a ses raisons, Confessions d’un athée surpris par Dieu, Marpent, BLF, 2018, 288 p.

 

Star de rock, sportif de haut niveau, il enchaînait les conquêtes romantiques et trouvait l’Église un peu nulle. Sa vie a pris une tout autre tournure jusqu’à être devenu aujourd’hui un philosophe chrétien, auteur de cet ouvrage sur la foi !  Ce livre est l’histoire de son parcours atypique, racontée avec humour et émotion. C’est un livre d’apologétique à l’allure d’un feuilleton. Ce qui le distingue des autobiographies des croyants, c’est l’accent fort sur les raisons de croire. En effet, chaque chapitre est agrémentéde plusieurs arguments contre et pour le christianisme, ce qui est le but du livre : « En effet, ce livre n’est certes pas qu’une histoire, c’est aussi naturellement une invitation à me suivre dans l’aventure. Si Dieu existe pour moi, il existe pour tout le monde. Si l’Evangile est vrai, il est vrai pour tout le monde1. »

Un livre qui couvre plusieurs domaines

Les questions que pose aujourd’hui l’Européen francophone sont nombreuses, et plusieurs de ces sujets sont abordés avec franchise et réflexion : la science, le sexe, les barrières intellectuelles (ch. 7), la certitude (ch. 8), l’historicité des évangiles (ch. 9). L’auteur parle ouvertement de la souffrance (ch. 5) et du sens de la vie (p. 59-66). L’évolution, qui représente pour beaucoup un obstacle à la foi biblique, est traité plus loin dans l’ouvrage (p. 223-235).

Principalement, l’auteur interagit avec l’athéisme. Auparavant, la foi lui paraissait insensée ; il se demandait, « faut-il être bête pour croire en Dieu en ce siècle ?2» Dans une moindre mesure, il aborde la pratique de la religion sans une foi personnelle, en divulguant que sa pratique religieuse dans sa jeunesse se faisait sans grand engagement3. Cela pourrait nous aider à mieux comprendre pourquoi certaines personnes ont une pratique religieuse malgré le fait de ne pas croire en Dieu. Mais il ne s’adresse pas à ceux qui croient fermement en d’autres religions ; d’ailleurs, il n’aborde pas le phénomène du pluralisme religieux.

Ensuite, Bignon relate ses découvertes du christianisme d’une manière qui pourrait surprendre ceux qui connaissent les Eglises évangéliques depuis leur enfance. Par exemple, il était tellement peu habitué à se rendre à l’Eglise en tant que jeune adulte qu’il dit que c’était comme aller au zoo4 ! Il découvre que lire la Bible en tant qu’adulte n’est pas ennuyeux5 et la personne de Jésus l’a impressionnée6. Mentionnons aussi le pasteur évangélique, qui, à la grande surprise de Bignon, était « stable, éduqué et intelligent.7 » C’est lui qui a pris le temps nécessaire pour répondre aux nombreuses questions de ce jeune athée.

Au chapitre 10, il explique le cœur de l’Evangile, mettant en évidence l’œuvre de la croix de Christ8. Cet aspect du livre est très bénéfique, car il s’agit d’aller un pas plus loin que les arguments intellectuels, en articulant la foi personnelle.

Ce qui est un peu inhabituel, c’est que les arguments en faveur de l’existence de Dieu (à la lumière de la création, par exemple) figurent à la fin du livre, au chapitre 12, où l’auteur présente aussi des arguments contre la vision athée des origines.

Qui pourrait en bénéficier ?

Pour les grands penseurs qui s’intéresseraient à un simple débat d’idées, le style un peu romancé de cet ouvrage9 ne conviendrait probablement pas. Ce n’est pas non plus un ouvrage de référence pour les études de l’apologétique ; c’estde l’apologétique ! Et une autre réserve serait que pour certains lecteurs chrétiens, les détails croustillants du livre pourraient être une distraction malsaine (rêvasser de rencontrer une personne attirante sur une île des Caraïbes, par exemple…) qui détourne l’attention de l’essentiel.

 

Voici les trois types de personnes qui profiteraient le plus de ce livre :

1) des lecteurs jeunes et athées. Ils ne sont probablement pas nombreux à lire le Maillon ! Mais ces personnes gagneraient à avoir Guillaume Bignon comme guide pour leur montrer le chemin de l’athéisme à la foi, et les raisons de croire en Jésus. L’auteur, ayant été lui-même athée dans sa jeunesse, est quelqu’un qu’ils peuvent comprendre et à qui ils peuvent s’identifier. Ce serait une démarche très facile d’acheter un livre comme celui-ci et de l’offrir à un(e) ami(e) athée.

2) des chrétiens qui manquent de réponses face aux assauts athées. Il y a plusieurs écrivains francophones athées contemporains (Ernest Renan, André Comte-Sponville, Michel Onfray, qui s’ajoutent à d’autres plus anciens). Il est possible que vous ayez lu leurs livres ou entendu des arguments d’autres personnes convaincues de leur point de vue. Bignon nous aide particulièrement à interagir avec eux ; il les cite, montre leur cohérence, et raisonne, de manière claire et rigoureuse, s’opposant à leurs déclarations. Sa façon d’argumenter, qui n’est pas méchante ou blessante mais sobre et soigneuse, est un modèle pour nous qui voulons donner une réponse pour l’espérance qui est en nous (1 P 3.15).

3) des chrétiens découragés. Vous vous faites du souci pour un fils qui ne va plus à l’Eglise, pour un voisin qui trouve qu’il n’y a que les idiots qui croient en Dieu, pour un collègue qui vit pour les plaisirs du moment ? Guillaume Bignon a été comme eux. Son histoire – et la manière dont Dieu est intervenu progressivement et profondément dans sa vie – vous donneront espoir que Dieu peut encore opérer un changement de manière radicale.

 

Que vous ayez besoin d’être éclairés, instruits, ou encouragés, ce livre est un outil qui peut vous faire beaucoup de bien.

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  1. P. 264.
  2. P. 33.
  3. Sa motivation était « autre chose qu’un réel désir de suivre la religion véritable, connaître la vérité spirituelle, ou obéir aux attentes de Dieu » (p. 37).
  4. P. 122.
  5. P. 120.
  6. P. 121.
  7. P. 130.
  8. P. 194-196.
  9. Les anecdotes personnelles prennent de la place (p. 12-31, 68-73, 105-112, entre autres).