Les stages à l’IBB : quoi et pourquoi ?

« C’est en forgeant qu’on devient forgeron », dit-on. Un forgeron potentiel a beau avoir suivi des cours sur l’art de forger, ou connaître la température correcte pour forger du métal, il doit se mettre à l’œuvre pour apprendre son métier. En revanche, en matière de chirurgie, par exemple, nous aurions du mal à accepter de nous faire opérer par quelqu’un n’ayant suivi ni des cours de médecine ni des cours d’anatomie, même s’il nous disait, « Ne vous inquiétez pas : j’ai fait beaucoup d’interventions de ce type. »

L’Institut Biblique Belge respecte ces deux principes, à savoir l’utilité de l’expérience pratique et celle du savoir théorique. En effet, ce sont des aspects importants de notre vision : nous demandons de la rigueur dans l’étude des Ecritures et voulons aussi maintenir un lien étroit entre les études et la pratique du ministère sur le terrain (cf. p. 3). Ainsi nous imitons les nobles chrétiens de Bérée, qui écoutaient attentivement la parole et examinaient chaque jour les Ecritures (Ac 17,11), et nous obéissons à l’exhortation de Jacques : « Pratiquez la parole et ne l’écoutez pas seulement » (Jc 1,22).

Les stages constituent le cadre principal de l’exercice du ministère. Ils sont organisés afin que les étudiant(e)s s’exercent dans divers milieux et activités et y développent des compétences. Sans les stages, la préparation des étudiants pour le ministère chrétien serait tout à fait inadéquate. Le responsable d’Eglise qui entreprend d’encadrer le stagiaire joue donc un rôle-clé dans la formation de l’étudiant. L’apôtre Paul exhortait Timothée à « [prêcher] la parole » (2 Tm 4,2) et à « bien remplir [son] ministère » (2 Tm 4,5). Timothée savait ce qu’il fallait enseigner et comment il devait accomplir son service parce qu’il avait suivi de près l’enseignement de Paul, ainsi que sa conduite, ses résolutions, sa foi, sa patience, son amour, sa persévérance malgré les souffrances et les persécutions (2 Tm 3,10-11). Mais les stages sont plus qu’une simple préparation : nous voudrions que grâce aux divers stages chaque étudiant(e) à temps plein puisse déjà servir le Seigneur et son peuple. Cela ne devrait pas être reporté à la fin des études !

QUELS SONT LES DIFFERENTS TYPES DE STAGE ?

Les stages de l’Institut Biblique Belge ont lieu à plusieurs moments :

Tout au long de la formation (le stage semestriel)

Dès le premier semestre, ceux et celles qui se sont inscrit(e)s pour les cours à temps plein soumettent une proposition de stage. Celle-ci, une fois approuvée par les responsables de l’Eglise d’où provient l’étudiant, est normalement acceptée par l’IBB. L’étudiant(e) s’engage à faire 6 à 7 heures de service chrétien dans son Eglise chaque semaine en période de cours à l’IBB. (Ce service s’ajoute aux travaux à domicile, tels que les rédactions et la révision pour les interrogations.) Ainsi, nous encourageons l’Eglise qui a formé et envoyé l’étudiant(e) à l’IBB à être la première à bénéficier de ses services réguliers. Elle continue ainsi à former l’étudiant. Les étudiants peuvent servir dans le cadre de l’école du dimanche, de l’étude biblique, du groupe de jeunes, de l’évangélisation, du groupe de musique ou tout autre domaine où son Eglise a besoin d’aide.

Nombreux sont les cours de l’IBB qui préparent les étudiants pour un service particulier : le cours d’homilétique, les laboratoires de prédication, le ministère parmi les enfants ou parmi les jeunes, le cours d’atelier biblique promeuvent tous des compétences qui peuvent être mises en œuvre assez facilement. Les professeurs se réjouissent d’entendre que des étudiants prennent des initiatives pour enseigner la parole dans divers cadres.

Nous avons récemment pris la décision d’augmenter la variété des expériences que les étudiants peuvent connaître. En effet, les étudiant(e)s qui désirent suivre la formation en trois ans doivent maintenant passer un an dans un cadre différent que leur Eglise d’origine, afin d’avoir une expérience plus large de différents modèles d’activités, de ministères et de responsables. Ce sont les étudiant(e)s qui doivent entreprendre des démarches auprès des responsables d’une assemblée en vue de l’approbation de leur projet (il n’appartient pas aux responsables d’exiger la présence de tel ou tel étudiant). De même, l’IBB peut faire des propositions de stages à l’étudiant(e), notamment en fonction de besoins précis, mais l’étudiant(e) est libre de choisir le stage qui lui convient. Après un an d’essai nous avons trouvé que ce nouveau système de rotation fonctionne assez bien, et est bénéfique, tant pour les étudiants que pour les Eglises.

A des moments ponctuels (stage d’été, stage d’hiver)

Ces stages ont lieu à des périodes où les cours ne sont pas assurés, à savoir les deux dernières semaines de janvier (avant la rentrée du second semestre) et en juillet-août. L’étudiant(e) se consacre à ces stages à temps plein pendant une ou deux semaines.

Cette option convient particulièrement bien pour les œuvres para-ecclésiales (camps, missions…) ou pour l’accompagnement d’un pasteur. Ce dernier passe son temps avec l’étudiant, préparant des enseignements bibliques, faisant des visites pastorales, priant avec lui et répondant à ses questions. C’est le partage d’une vie et d’un ministère (comme Paul auprès des Thessaloniciens, 1 Th 1,5 ; 2,11-12). Nous sommes heureux d’avoir un réseau de pasteurs qui peuvent accueillir un étudiant durant une semaine ou deux alors qu’ils ne pourraient assurer ce même suivi durant tout un semestre. Les étudiants reviennent souvent de ce genre de stage avec une envie renouvelée pour le ministère pastoral, ou, au contraire, s’étant rendu compte que ce n’était pas pour eux !

En déplacement ponctuel pour apporter des prédications (stages de prédication)

Ce nouveau stage consiste pour l’étudiant à apporter une prédication dans une communauté autre que la sienne, et cela deux fois sur une période de six mois. L’intérêt de la démarche est double : c’est un service très apprécié par les Eglises en manque de pasteur, et cela permet aux étudiants d’acquérir de l’expérience, sans pour autant les empêcher de faire convenablement leur travail académique.

A la fin de la formation (stage de 4e année)

Nous avons développé et formalisé davantage ce qui existait déjà, à savoir la quatrième année dite de stage pastoral, après les trois ans d’étude à temps plein. Tandis que ceux et celles qui se préparent pour l’enseignement de la religion protestante effectuent leurs stages en milieu scolaire en vue d’acquérir une expérience précieuse, les étudiants qui aspirent à la tâche pastorale ont toute une année pour s’y essayer.

Comme cette année s’inscrit dans le cadre de la formation, le stagiaire garde le statut d’étudiant. Il peut recevoir une aide financière de l’Eglise, mais non un salaire. A ce stade il peut rester à l’Eglise où il a effectué la plupart de ses stages, ou s’investir dans une autre Eglise. Toutefois il est important que le suivi de l’étudiant soit assuré sur place par un pasteur expérimenté.

Nous avons eu la joie de voir plusieurs étudiants arriver en fin de parcours et recevoir un appel de la part d’Eglises en vue d’un ministère pastoral. De notre côté, nous veillons au suivi de ces étudiants par les rapports de leurs superviseurs, par un séminaire annuel organisé spécialement pour eux et par la participation en groupe à un congrès théologique.

QU’EN DISENT-ILS ?

Nous recevons souvent des retours positifs des stages. Par exemple, un étudiant écrit dans son bilan d’un stage de deux semaines :

« SUPER. J’ai beaucoup appris : nous avons discuté, mon superviseur et moi, sur différents points théologiques et sur la vie de famille dans le ministère. »

Face à la question « Quel aspect du stage semestriel te semble le plus bénéfique pour ta formation en vue du ministère ? », un autre étudiant répond :

« Ma relation avec mon superviseur et l’exemple qu’il est pour moi. »

Voici quelques extraits de retours de la part des superviseurs de stage :

« Notre Eglise a pu beaucoup bénéficier du ministère de cette étudiante : parmi les enfants, les ados, dans le contact avec les personnes de l’Eglise, etc. Nous lui souhaitons beaucoup de succès dans son ministère auprès de son mari, et nous remercions le Seigneur pour sa contribution chez nous. »

 

« Il s’est investi, dès le départ, avec sa famille, dans la vie de l’Eglise, participant aux activités, et encourageant les uns et les autres dans la foi. Il est présent non seulement au groupe de maison, mais à la réunion de prière, dans un groupe de l’école du dimanche… »

Après tout stage, nous demandons aux étudiant(e)s et aux superviseurs de rendre un rapport pour chaque stagiaire. Ces retours sont précieux et nécessaires pour nous permettre de savoir comment chaque étudiant(e) progresse dans son service pour le Seigneur. Il est donc nécessaire que le superviseur s’engage à nous communiquer régulièrement ses retours.

COMMENT AIDER UN(E) ETUDIANT(E) EN STAGE ?

J’aimerais terminer avec une proposition de mise en pratique à votre intention, cher lecteur, chère lectrice. Vous qui êtes membre d’une Eglise, qui connaissez un étudiant ou une étudiante en cours de semaine ou en cours du samedi, que pouvez-vous faire pour aider les étudiant(e)s de l’IBB pendant leur stage ? Sachez-le, vous avez un rôle à jouer !

1. Soyez d’abord rassuré

Si vous envoyez quelqu’un à l’Institut Biblique Belge, ce n’est pas pour qu’il habite dans une tour d’ivoire. Il ne va pas disparaître pour réapparaître trois ans plus tard, prêt à être pasteur. Au contraire : il voudra se mettre au service de la parole dans l’Eglise. Le stage pratique fait partie intégrante de sa formation.

 2. Evitez l’autre extrême:

C’est-à-dire surcharger l’étudiant(e) de telle sorte que son investissement dans le ministère se fasse au détriment de ses études.  Des interrogations manquées, des mots de vocabulaire grecs oubliés, des travaux bâclés ou des examens à rattraper peuvent être les conséquences d’une surcharge pour l’étudiant qui se sent obligé d’assister à la réunion de prière le mardi soir, au groupe de maison le mercredi soir, à l’évangélisation le jeudi soir, au groupe de jeunes le vendredi soir… Il faut garder les yeux fixés sur le long terme. Celui ou celle qui se consacre à ses études maintenant pourra beaucoup mieux servir le royaume de Christ dans trois ans. Les étudiants doivent être considérés comme étant des serviteurs consacrés aux études et non des pasteurs au chômage1 !

3. Considérez que c’est un privilège d’accueillir un(e) étudiant(e) de l’IBB en stage.

Certes, on n’annonce pas le service du stagiaire avec des trompettes, mais ce service discret est précieux. Les superviseurs, qui voient les stagiaires de près, en témoignent. D’autres Eglises voudraient avoir des stagiaires de l’IBB et n’en ont pas.

Enfin, engagez-vous à soutenir un stagiaire au maximum.

Cela peut être par la prière. Cela peut être une aide matérielle, comblant ce qui manque à ceux qui ont quitté leur travail salarié pour se former au ministère de l’Evangile. Cela peut être aussi une collaboration au sein de l’Eglise : épauler les stagiaires pour qu’ils ne travaillent pas seuls. Vous pouvez encore soutenir un stagiaire par votre accueil et votre encouragement. Donnez des retours précis, tant positifs (« j’ai beaucoup aimé l’explication de la nouvelle alliance ») que négatifs (« j’aimerais vous encourager à parler plus lentement »). Surtout, soutenez les étudiant(e)s par votre patience ; ils sont en formation, ils ont besoin de grandir en expérience.

Un pasteur l’a exprimé ainsi :

« Nous ne serions pas là où nous sommes aujourd’hui si quelqu’un, un jour, ne nous avait pas tendu un micro pour nous dire : vas-y, lance-toi. »

Ainsi, par la grâce de Dieu et pour sa gloire, le caractère et les compétences des étudiant(e)s se forgeront.

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  1. De façon générale, nous sommes conscients de notre impossibilité de pourvoir à tous les besoins des Eglises : nous ressentons cette tension peut-être autant que les responsables des Eglises n’ayant pas de conducteur à temps plein.