Pourquoi nous appelle-t-on protestants ?

Eh oui, c’est parce que nous avons protesté ! Au départ, on parlait de « Luthériens » pour désigner les partisans de Luther. L’empereur Charles-Quint (né en 1500 à Gand) était agacé par tous les désordres causés par la Réforme. Voulant naturellement la paix politique dans son empire, il a essayé de réunir catholiques et Luthériens. Cet effort se révélant vain, Charles-Quint a promulgué en 1521 un édit à Worms (ville du sud-ouest de l’Allemagne) dont le but était d’interdire l’expression de la confession luthérienne. En 1529 à Spire (Allemagne), Charles-Quint a décidé que la messe serait dorénavant célébrée selon le rite catholique, même dans les territoires luthériens. Evidemment, les partisans de Luther ont protesté et ont refusé de se soumettre à cette décision impériale. C’est à partir de ce moment que les partisans de la Réforme ont été appelés « protestants ». Le terme « protestant » apparaît donc pour la première fois en 1529 pour désigner de manière péjorative les adeptes de Luther qui s’étaient déclarés hostiles aux décisions prises par l’empereur lors de la diète (rassemblement) de Spire. Les protestations des Luthériens conduiront à la Paix d’Augsbourg du 29 septembre 1555. Ce traité stipule que chaque prince et seigneur est libre de choisir, pour lui et ses territoires, entre deux confessions (catholique et protestante). Les habitants qui n’étaient pas d’accord pouvaient quitter le territoire.

En France, il faut noter qu’au début, les protestants étaient tous appelés « Luthériens ». Par la suite, leurs adversaires leur donneront le sobriquet d’« Huguenots », puis celui de « religionnaires » (à partir du 17e s.).