Que deviennent-ils ? Quelques années plus tard… Gregory

Gregory ZIELENIEC est marié avec Viviane et père de Gabriel (11 ans) et de Marion (9 ans). Il est pasteur de l’Eglise Protestante Evangélique de Jemelle – communauté qu’il sert depuis son stage de quatrième année en 2011.

Le Maillon : Quel est le profil de l’Eglise ?

Gregory : Notre assemblée se situe dans le village de Jemelle, commune de Rochefort (région rurale de la Famenne, ce qui signifie 46% des vaches, 43% des arbres et un faible pourcentage d’êtres humains). Nous faisons partie de l’Association des Eglises Protestantes Evangéliques (AEPEB). Notre communauté a été implantée en 1937 par la Mission Evangélique Belge (MEB) dans une région très catholique, et en 1950 le premier pasteur a pris ses fonctions. Le poids du catholicisme et surtout du syncrétisme (christianisme dénaturé, croyances païennes, superstitions culturelles, ésotérisme…) pèse spirituellement sur le progrès des chrétiens. Le combat spirituel est constant.

Aujourd’hui, l’Eglise de Jemelle compte un noyau d’une dizaine de chrétiens très actifs et fidèles, qui portent spirituellement et matériellement l’Eglise et ses projets. La fréquentation du dimanche est d’une trentaine de personnes, en moyenne, sans compter les enfants. C’est grâce au projet « 9.38 » de l’AEPEB (www.projet9-38.be), qui soutient financièrement l’Eglise pour une partie du salaire du pasteur, que Jemelle vit. Merci, Seigneur, pour les donateurs.

Quelles sont les priorités (les grands axes) de ton ministère ?

Depuis cinq ans, les trois priorités majeures sont les suivantes. (1) Etre un modèle de foi et d’amour pour les chrétiens et la région. Conformément à ce que Paul ordonne à Timothée, il me faut être un modèle en paroles, en actes, dans ma lecture de l’Ecriture, dans l’exercice de mon service (cf. 1 Tm 4,12-16).

Enseigner la Parole,
prêcher la Parole, lire la
Parole, chanter la Parole

(2) Favoriser la croissance spirituelle de l’assemblée (cf. Ep 4,11-16). Enseigner la Parole, prêcher la Parole, lire la Parole, chanter la Parole favorise la croissance spirituelle et la sanctification. C’est le centre du culte et des groupes de maison.
(3) Utiliser toutes les occasions pour annoncer l’Evangile (cf. 2 Tm 4,2). J’essaie d’être présent dans toutes les activités et tous les événements des villages dans les alentours afin, par la volonté de Dieu, de favoriser les occasions de prêcher l’Evangile du salut, en « 1 à 1 » ou à un groupe.

En plus de ces objectifs, deux autres priorités sont venues s’y ajouter.
(1) Stabiliser le fonctionnement de l’Eglise par la nomination de diacres et de diaconesses et la constitution d’un Conseil d’Eglise Locale. Depuis peu, celui-ci se compose de quatre personnes et fonctionne très bien.
(2) Le Seigneur nous a convaincus que 2017 devait devenir l’année où l’isolement géographique et spirituel des chrétiens de la Famenne-Ardenne devait être brisé ! En effet, les chrétiens dans la région sont esseulés, divisés, isolés, criblés par le diable…

On peut avancer d’un pas et ensuite reculer de deux. Mais la grâce de Dieu surabonde là où les ténèbres abondent ! L’AEPEB, les actions d’évangélisation de l’IBB, la pastorale du Namurois, ainsi que le soutien d’un projet pour l’évangélisation des Ardennes, « Espoir Wallonie » (www.espoirwallonie. be) développent une force certaine en vue du salut des âmes.

Pourrais-tu évoquer quelques encouragements (sujets de reconnaissance) ?

Quelques beaux encouragements viennent des dames de l’Eglise qui ont commencé à se voir, à prier ensemble, à s’occuper de la décoration du bâtiment, à constituer une chorale pour le culte de Noël et celui de Pâques. La dynamique initiée par la présentation d’un diacre et d’une diaconesse a eu comme effet de conduire certaines et certains à se lever pour servir le Seigneur et son Eglise. Quoi de plus encourageant que des femmes et des hommes qui se lèvent pour l’Evangile, se donnent dans la lecture quotidienne de l’Ecriture, participent aux groupes de maison, progressent dans la vie de prière, vivent des expériences, dans leur quotidien, de la faveur et la grâce de Dieu, témoignent et édifient les autres croyants…

Un beau témoignage est celui de cet homme, divorcé depuis quelques années, dont la solitude lui pesait. Aujourd’hui, il ne cherche plus une nouvelle compagne mais, en se donnant au Seigneur, il a découvert une profondeur dans sa vie spirituelle, un réveil dans sa piété personnelle. Ses dons spirituels se sont mis en marche, son étude biblique et sa prière se sont faites quotidiennes, et il voit Dieu l’enseigner, l’utiliser… ce qui lui a fait dire « … celui qui n’est pas marié s’inquiète des choses du Seigneur, des moyens de lui plaire » ; « ainsi celui qui se marie fait bien et celui qui ne se marie pas fait mieux » (1 Co 7,34.38).

Pourrais-tu évoquer quelques défis (sujets de prière) ?

Trois personnes posent des questions autour de l’Evangile et réfléchissent à la possibilité de passer par les eaux du baptême. Le plus grand défi est le manque d’ouvriers qui puissent annoncer l’Evangile aux jeunes et aux enfants. Dans la région, il y a beaucoup de jeunes qui traînent le soir sur les bancs ou passent du temps chez des copains à « boire »…

Un autre défi : les offrandes ne permettront pas de continuer à payer un salaire au pasteur au-delà de 2018. Des décisions difficiles devront être prises si rien ne change car le Projet 9.38 diminue chaque année pour que l’Eglise prenne le relais. Pourtant, il y a des projets d’évangélisation qui nécessitent des moyens financiers – comme d’ailleurs des travaux d’entretien et de rénovation. Nous recherchons un leader musical qui viendrait ponctuellement aider et entraîner les personnes qui jouent d’un instrument et les autres qui aiment chanter à le faire en harmonie afin d’édifier l’Eglise par la louange. Prions enfin pour nos semaines d’évangélisation dont celle avec l’IBB en mars 2018…

Merci !

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