Romains 3 : Le cœur du message de l’Évangile

Nous reproduisons ci-dessous le texte, légèrement modifié, de deux mini-méditations du mercredi1 diffusées à la fin de l’année 20152

La vraie nature de chaque être humain (Rm 3.19)

Si on demandait à quelqu’un dans la rue, « Quelle est la nature de l’homme ? Est-ce que les êtres humains sont, par nature, bons, neutres, ou mauvais ? », comment répondrait-il ? Je crois que la majorité aujourd’hui suivrait l’idée de Rousseau : l’homme est bon. Si on trouve du mal en lui, c’est parce qu’il a été corrompu par la société.

Mais qu’est-ce que la Bible dit ? Dans l’épître aux Romains, Paul est très clair. Il est en train de régler un problème dans l’Eglise à Rome. Il y a une tension entre les chrétiens juifs qui ont fondé l’Eglise et les chrétiens d’origine non-juive qui sont devenus majoritaires. Pour résoudre cette tension, et pour mobiliser l’Eglise de Rome dans l’effort missionnaire, Paul explique que les Juifs et les non-Juifs sont les mêmes devant Dieu. Le fait que les Juifs ont une longue histoire avec Dieu (voir l’Ancien Testament) ne garantit pas de privilège spirituel. Et ce n’est pas le fait que les chrétiens d’origine non-juive soient majoritaires dans l’Eglise qui leur donne un accès automatique à Dieu.

C’est l’argument de Paul dans les chapitres 1 et 2 de l’épître aux Romains. Il le résume en 3.9 : « Tous, Juifs et Grecs, sont sous l’empire du péché ». Oui, par nature, les Juifs et les non-Juifs sont « dans le même sac » : ils sont tous éloignés de Dieu, vivant dans la rébellion contre Dieu.

Cela ne veut pas dire que tout ce que l’homme fait est, de tout point de vue, mauvais : les êtres humains sont créés en image de Dieu et sont capables de faire de belles choses – créatives, artistiques – et de réaliser des découvertes scientifiques. Mais par rapport à Dieu, tout le monde – Juif ou non-Juif, riche ou pauvre, homme ou femme, Belge ou non-Belge… –, par nature, est incapable de faire le bien spirituel. Paul le souligne dans les versets 10 à 18 du chapitre 3 avec des citations de l’Ancien Testament telles que :

« Il n’y a point de juste, Pas même un seul »
« Nul ne cherche Dieu ; Tous sont égarés »
« Il n’en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul »
« La crainte de Dieu n’est pas devant leurs yeux. »

Paul termine avec une phrase percutante : « … Que toute bouche soit fermée, et que tout le monde soit reconnu coupable devant Dieu. » C’est fort, n’est-ce pas ?

Pour revenir à notre point de départ : quelle est la nature de l’homme ? Selon la Bible, c’est très clair : nous sommes séparés de Dieu ; nous sommes incapables de faire quoi que ce soit pour mériter une relation avec lui ; nous devons faire face à la colère et à la condamnation de Dieu.

Ça, c’est la mauvaise nouvelle. C’est désagréable. Cela nous met mal à l’aise. Mais il faut commencer par la vérité. Comme le disait un psychologue, « La réalité, c’est notre amie. » On ne peut pas trouver une solution à notre problème si on nie le fait qu’on a un problème.

Et il y a une solution ! Elle se trouve dans l’Évangile, la bonne nouvelle.

Le coeur de la justification (Rm 3.24-25)

L’un des thèmes centraux de l’épître aux Romains est la justification par la foi. Le passage-clé pour ce thème est Rm 3.24 à 25. Dans ce texte, Paul déclare que les chrétiens sont

gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. C’est lui que Dieu a destiné à être par son sang pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience.

Dans ces phrases, Paul explique le coeur de l’Evangile. C’est très important pour la foi chrétienne, mais tout n’est pas immédiatement clair pour nous. Le langage de Paul est dense, et il emploie un vocabulaire technique. Il serait utile d’examiner quelques termes employés par Paul pour mieux comprendre ces versets-clé.

« Justifié » : c’est le vocabulaire d’un juge. Il s’agit de la déclaration judiciaire ou le verdict de Dieu selon lequel celui qui croit en Jésus est juste. Ce n’est pas notre propre jugement de nous-mêmes qui compte, ni le jugement des autres. C’est le jugement de Dieu qui compte et, grâce à l’oeuvre de Jésus sur la croix, il nous déclare justes.

« Grâce » : la faveur non-méritée de Dieu qui mène quelqu’un vers Dieu, qui commence et qui mène à bonne fin le processus du salut. Romains 3.24 affirme que les chrétiens sont « justifiés par sa grâce ». Cela veut dire que nous ne pouvons ni mériter ni gagner cette justification. C’est un don offert par Dieu que nous pouvons accepter ou rejeter. C’est uniquement l’oeuvre de Dieu.

« Rédemption » : ce mot appartient au vocabulaire relatif à l’esclavage. Il s’agit du rachat par Dieu de l’homme sur le marché aux esclaves du péché. La liberté a une grande valeur dans nos sociétés. « Liberté, Égalité, Fraternité ! » Mais Paul a expliqué que, par nature, nous sommes tous esclaves du péché. Nous avons tous besoin d’être libérés, et nous ne pouvons pas nous libérer nous-mêmes. Nous avons besoin d’un rédempteur, quelqu’un qui peut acheter notre liberté.

« Propitiation » : ce mot appartient au vocabulaire relatif aux sacrifices. Il s’agit de la satisfaction entière de la colère de Dieu contre le péché et le pécheur par la mort substitutive du Christ sur la croix. Dieu est complètement bon, juste et saint ; il serait injuste s’il laissait le péché continuer. Il le juge, et le jugement est sévère : « le salaire du péché, c’est la mort » (6.23). Mais, puisque Dieu est aussi amour, il a pourvu à un moyen d’éviter ce jugement. Il a envoyé Jésus pour prendre notre place et mourir pour nous. Jésus est le sacrifice qui prend notre place.

C’est là le meilleur cadeau jamais offert : le salut en Jésus-Christ.

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  1. Un service vidéo hebdomadaire de l’Institut. Chaque méditation dure 3 à 4 minutes et est diffusée gratuitement aux abonnés. Les archives se trouvent sur notre chaîne YouTube.
  2. MMM 94 & MMM 95.