Brève introduction à une théologie pratique de l’union avec Christ

Paul écrit en Galates 2.20 : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi ». Ce qui est vrai pour lui l’est également pour tout croyant en Jésus-Christ.

Considérons quelle est la conséquence de cet attachement au Christ par la foi. C’est une vérité extraordinaire, dont la richesse dépasse toute compréhension humaine, parce que ce Christ qui vit en moi est celui dont il est dit qu’« en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Col 2.9).

Jésus nous l’explique de façon imagée dans la parabole du cep et des sarments en Jean chapitre 15 : ma vie, ma force, ma raison d’être découlent de lui comme la sève coule du cep dans les sarments. Les fruits qui se développent dans ma vie proviennent de lui. Ainsi c’est parce que le Christ vit en moi que les choses vont changer dans ma vie – que j’aurai des désirs nouveaux et de nouvelles affections. Ma responsabilité consiste à cultiver cette relation avec Christ, car, comme il le dit lui-même : « Sans moi, vous ne pouvez rien faire » (Jn 15.5).

En effet, la vie chrétienne est d’abord une relation : une relation vivante et intime avec Dieu le Fils qui, après avoir donné sa vie à la croix pour moi, vient habiter en moi afin que je ne sois plus jamais seul. Cette vérité est un merveilleux réconfort. Face à la tentation, lorsque je suis sur le point de céder au péché, la doctrine de l’union avec Christ m’assure qu’à cause de la présence de Jésus en moi, la victoire est possible. Par ailleurs, elle me réconforte face à la mort. Lorsque les années passent et mes forces diminuent, je peux rester serein et paisible, car celui devant lequel je me présenterai au dernier jour est celui qui habite en moi, et rien ne pourra me séparer de son amour.

Ma vie présente consiste à comprendre et à appliquer avec confiance tout ce que Jésus a fait par amour pour moi. Dans la suite de Galates 2.20, Paul déclare : « Ma vie présente dans la chair, je la vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi ». C’est en comprenant et en croyant ce que Jésus a fait pour nous que notre vie est transformée en profondeur. C’est pourquoi le théologien britannique John Stott pouvait dire : « Le secret principal de la vie sainte se trouve dans la tête 1 ».

Or, si beaucoup de chrétiens ne progressent guère dans leur sanctification et sont régulièrement en proie aux mêmes péchés, c’est souvent parce qu’ils n’ont pas encore compris le privilège qu’ils ont d’être enrichis de tous les bienfaits spirituels en Christ et d’être adoptés dans la famille de Dieu. Ainsi ils vivent comme s’ils étaient toujours de misérables esclaves, alors qu’en fait, en Christ, ils sont les enfants du roi des rois qui met tout en œuvre pour les transformer de plus en plus à l’image de son Fils Jésus-Christ. Le grand puritain anglais du 17e siècle, John Owen, qui ne peut pas être accusé de laxisme moral dans sa vie, pouvait déjà dire à son époque : « Le problème avec certains chrétiens aujourd’hui, c’est qu’ils essaient trop fort. Ils sont trop rigides, ont trop souci de bien accomplir leur tâche, sont trop focalisés sur quelle sorte de personne ils devraient être et comment ils devraient se comporter. Ils sont trop inquiets pour atteindre les exigences de Dieu. Tout ce dont ils ont besoin est de se relaxer, de réaliser combien Dieu les aime et de se réjouir de toutes les bénédictions qu’il leur a données en Christ.2»

Cette citation nous surprend un peu, n’est-ce pas ? Toutefois, John Owen n’est pas en train de dire qu’il n’y a pas de lutte, ni de vigilance à avoir dans la vie chrétienne. Ce qu’il veut tout simplement souligner, c’est que la vie chrétienne n’est pas d’abord une lutte et une suite de règles, mais d’abord une union avec Christ. En effet, revêtus de cette nature nouvelle que nous avons en Christ, que nous méditions sur ce qu’il est et ce qu’il a fait pour nous : que ces vérités glorieuses nous transforment en profondeur et qu’elles affectent nos choix pour que nous ne suivions plus nos anciens désirs, mais que nous vivions selon les vertus de Jésus-Christ qui habite en nous.

Ce texte correspond à une version modifiée de deux mini-méditations du mercredi apportées au début de 2018. Retrouvez la vidéo sur youtube ici.

Télécharger l’article ici.
  1. John R. W. STOTT, The Epistle to the Romans, vol. 1, Leicester, Inter-Varsity Press, 1988, p. 225, cité dans Edward DONNELLY, Life in Christ, Walking in Newness of Life, Bryntirion Press, 2007, p. 45.
  2.  John OWEN, On Communion with God, dans Works, vol. 2, Londres, Banner of Truth, 1965, p.32, cité dans Edward DONNELLY, opcit., p.35.