Le Maillon, numéro spécial sur la Réforme

Editorial

La publication que vous avez entre les mains (ou que vous lisez en ligne) porte sur la Réforme, voire commémore cette Réforme cinq siècles après que les 95 thèses de Luther ont été affichées. Mais ce n’est pas principalement parce que nous nous intéressons à l’histoire que nous avons été amenés à vous livrer ce numéro spécial du Maillon. Ce n’est pas non plus essentiellement parce que nous nous intéressons à la théologie de la Réforme, ni même parce que nous voudrions comprendre nos racines protestantes. C’est parce que nous sommes des inconditionnels de l’Evangile concernant la mort et la résurrection de Jésus-Christ – de celui que nous adorons, de notre Seigneur et Sauveur. C’est pour cette raison que nous remercions Dieu pour ce qui, par sa providence, s’est produit il y a 500 ans. L’unique Evangile qui sauve et qui sanctifie a été redécouvert par les Réformateurs. Cet Evangile se situe au coeur de la vision de l’Institut (voir ci-contre).

Contrairement à des courants théologiques promus au sein des milieux évangéliques contemporains, nous considérons que le combat mené par les Réformateurs doit encore être mené aujourd’hui (cf. Jude 3)1. Ce n’est pas que, par tempérament, nous chérissions la polémique. Nous ne cautionnons pas non plus tous les accents théologiques embrassés par les Réformateurs, ni toutes les démarches qu’ils ont engagées. Par ailleurs, nous ne pensons pas que les luttes de 2017 soient identiques à celles de 1517, et nous ne voudrions pas tomber dans le piège d’élever des doctrines secondaires ou tertiaires au premier rang d’importance. Mais la fidélité à la parole de Dieu exige que nous combattions en faveur de l’Evangile : il suffit de parcourir les épîtres pastorales (1 Timothée, 2 Timothée, Tite) pour comprendre le mandat qui nous est confié en matière d’attachement à l’Evangile – et de constater que réfuter des contradicteurs fait partie de ce mandat (Tite 1,9).

Après un premier article-phare (écrit par Robbie Bellis) qui explique la redécouverte de l’Evangile au travers de la vie de Martin Luther, le deuxième (sous la plume de Keith Butler) nous empêche de nous bercer d’illusions quant à la gravité du péché : le réalisme biblique ne ménage pas de place pour la notion de « libre arbitre » et permet, par voie de conséquence, que l’Evangile soit apprécié à sa juste valeur. Cet Evangile est ensuite exposé à partir de deux livres bibliques qui sont particulièrement associés à la Réforme – Romains (Mark DeNeui) et Galates (Alexandre Manlow).

Si nous sommes censés marcher sur les traces des Réformateurs, les contributions de Charles Kenfack et de Ian Masters nous montrent la voie pour ce qui est de la mise en pratique des cinq solas aujourd’hui ; l’article de Paul Every nous aide à comprendre que nous devrions enlever nos lunettes roses (ou noires) ; Aurélien Castelain explique comment la Réforme se concrétise dans son ministère pastoral au jour le jour ; et notre article sur Esdras-Néhémie est destiné à renforcer notre confiance dans les Ecritures, instrument par lequel Dieu pourrait encore oeuvrer pour une réforme durant les années à venir.

Notre contexte belge nous a amenés à vouloir sensibiliser nos lectrices et nos lecteurs sur la Confession de foi belge, fruit de la Réforme dont nous pouvons être fiers, et nous espérons que le « quizz » sur les traces de la Réforme à Bruxelles promouvra également une appréciation de l’héritage se trouvant à proximité de l’Institut Biblique. Xuan Son Le Nguyen a préparé une frise chronologique qui nous fournit des points de repère historiques évoqués dans les articles. Pour celles et ceux voulant aller plus loin, Emmanuel Durand attire notre attention sur des ressources disponibles en ligne.

Nous sommes reconnaissants à chaque auteur. Certains d’entre eux sont sans doute soulagés de constater que ce travail supplémentaire ne revient que tous les 500 ans ! Et nous nous empressons d’ajouter ceci : n’eussent été les compétences, le zèle et la patience de l’équipe travaillant au secrétariat, Anne Mindana et Louise Taylor, nous n’aurions pas pu envisager ce projet. Nous bénissons Dieu pour elles.

Les pécheurs peuvent entrer en bonne relation avec Dieu (et être sauvés du jugement à venir) uniquement en plaçant leur confiance en Jésus-Christ, leurs oeuvres n’y comptant pour rien, mais de bonnes oeuvres étant une conséquence de cette grâce. Que Dieu se serve de cette publication pour affermir ces convictions chez plusieurs – pour sa seule gloire.

Bonne lecture !

James HELY HUTCHINSON Pour le Conseil académique

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  1. Nous ne sommes pas seuls à cet égard ! Voir, p. ex., Michael REEVES, Tim CHESTER, Why the Reformation Still Matters, Londres, IVP, 2016, 175 p.

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