George Winston sur « l’institut biblique d’Ephèse »

George Winston sur « l’institut biblique d’Ephèse » (périodique bimestriel de l’Institut Biblique Belge, 1979)

En 2007, M. Winston a accepté l’invitation à intervenir lors du week-end de retraite de l’Institut à Limauges.  L’assistance a pu profiter de l’expérience et de la sagesse remarquables de celui qui a conduit l’Institut pendant deux décennies.  Il a choisi comme thème un contenu proche de l’article dont nous livrons un extrait ci-dessous.  En le lisant, on pense aisément à notre slogan du centenaire : « Que l’Evangile se répande encore ! »

« Le rôle de l’Institut Biblique Belge dans ce pays »

En y arrivant [sc. à Ephèse], Paul devait choisir une stratégie propre à évangéliser tous les habitants de la province.  Il est extraordinaire de constater qu’il est arrivé à ses fins dans un laps de temps relativement court.

Actes 19:10 déclare : « …de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie, Juifs et Grecs, entendirent la parole du Seigneur ».  Ne serait-il pas formidable de pouvoir dire à un moment donné « tous ceux qui habitaient la Belgique, Wallons et Flamands, entendirent la parole du Seigneur » ?

Que l’Asie fut totalement évangélisée ne signifie pas bien entendu, que tous se convertirent à Jésus-Christ, ni même qu’une église fut établie dans chaque localité.  Cependant, on avait obéi, en ce qui concernait l’Asie, à l’ordre du Seigneur « annoncez la bonne nouvelle à toute créature »  (Marc 16:15).

Stratégie missionnaire

Nous avons cité la petite phrase « de sorte que tous ceux qui habitaient l’Asie…etc… »  L’expression « de sorte que » a pour but de signaler que l’effet constitué par cette évangélisation totale de l’Asie est une cause bien précise.

Comment Paul s’y est-il donc pris pour arriver à ce résultat remarquable ?  Cela nous est décrit à partir du verset 8.  Il commença par prêcher l’Evangile dans la synagogue.  Cependant, malgré son assurance et ses efforts de persuasion, les Juifs restaient endurcis et incrédules.  Non satisfaits de cela, ils lancent critiques et accusations contre son message, cherchant à influencer contre lui la multitude des païens.  Si Paul connut finalement le succès dont il est question, ce ne fut certainement pas en raison d’un terrain facile ou d’une population réceptive à l’Evangile.

Que fait-il donc en face de cette opposition ?  Lisons-nous qu’il quitte Ephèse pour sillonner du Nord au Sud et d’Est à Ouest toutes les bourgades de la province ?  Lance-t-il un appel urgent aux églises de Judée pour qu’elles lui envoient des missionnaires en renfort ?  Ces solutions auraient sans doute, toutes les deux, manqué de réalisme.

L’institut biblique d’Ephèse

Ce qui suit aux versets 9 et 10 constitue une description assez étonnante d’un centre de formation :

Premièrement, il est dit que Paul se retira lui-même de la confrontation avec les incroyants pour se donner pendant un temps à un autre genre d’activité.

Deuxièmement, il « sépara » ceux qui étaient devenus des disciples, c’est-à-dire des « apprentis ».  Ceux qui voulaient être à l’école de Jésus-Christ furent mis à part.

Il est dit en troisième lieu qu’il les enseigna.  Le mot grec employé est DIALEGOMENOS qui parle moins d’un cours magistral à sens unique que d’un séminaire consistant en grande partie d’échanges et discussion, de questions et de réponses à la manière socratique.

Ensuite, il est précisé que cet enseignement fut dispensé « chaque jour ».

Cinquièmement, tout cela se passa dans les locaux d’une école, peut-être une école de rhétorique.

Finalement, il est précisé que le cours de formation fut d’une durée de « deux ans, de sorte que… »

Il est clair que l’évangélisation de la Belgique pourrait bien être la conséquence d’un tel centre de formation.  La leçon purement stratégique n’est pas difficile à tirer.  Le tout est de savoir si l’Institut Biblique Belge est une école à la mesure de celui d’Ephèse.  Nous désirons travailler pour qu’il le soit.  Voulez-vous prier pour qu’il le devienne ?