Jérémie 29,11 en temps de COVID-19

J’ai connu les mêmes émotions que vous : le choc, l’inquiétude, la préoccupation, le découragement et les encouragements.

On a du mal à savoir quel jour on est, n’est-ce pas ? Tous les jours se ressemblent !

Généralement, je crois que nous sommes répartis en deux groupes. Il y a ceux qui connaissent des personnes proches touchées par le Covid-19, et qui sont bien conscients de l’INQUIETUDE.

Puis il y a ceux qui ne connaissent pas personnellement des personnes souffrantes et pour ces personnes, le confinement est une période de FRUSTRATION. Il y a l’obligation de travailler sans l’avantage d’être au bureau ; la nécessité d’être à la maison sans l’avantage d’être en congé ; et la possibilité d’être en famille sans l’avantage de pouvoir aller quelque part.

C’est donc difficile de vivre cette période avec sérénité. Mais j’espère qu’il y a de la joie -par des petites choses : un rayon de soleil ; le sourire de quelqu’un ; le café de ce matin.

Alors que dit la Bible qui puisse nous aider en cette période ?

C’est très courant de tirer des versets de la Bible en les isolant complètement de leur objectif premier ! Par exemple, Jacques 4,8 : « nettoyez vos mains, pécheurs » ! Sans être farfelus nous reconnaissons que la Bible nous révèle un Dieu qui travaille en toutes choses pour le bien de ceux qui l’aiment, ceux qui sont appelés conformément à son plan. Je veux aujourd’hui partager davantage sur le plan de Dieu pour nous encourager.

Lisons la Bible en Jérémie 29,1 puis 4-14. Prophète de l’Ancien Testament, il parlait à sa génération et il a aussi écrit une lettre, qui est recopiée ici par son scribe.

Dieu veut notre bien. Nous le voyons là au verset 11 où il dit « Je connais les projets [ou les pensées] que je forme pour vous, déclare l’Eternel, projets de paix et non de malheur. » C’est difficile quand ça n’a pas l’air d’être le cas ! Nous avons du mal à croire que Dieu veut notre bien. Et c’était difficile à croire aussi pour eux, qui reçurent cette lettre à Babylone. Et je crois que, au lieu de prendre seulement ce verset hors contexte, en enrichissant notre compréhension par tout ce qu’il y a autour et en nous replongeant à l’époque où ces paroles ont été écrites, nous serons encouragés. Il y a bien entendu, des différences entre leur situation et la nôtre. Eux étaient en exil, loin de chez eux, nous sommes chez nous ; eux, c’était le peuple d’Israël, une société et un code civil régis par Dieu et sa loi. Ils se retrouvaient en Babylonie, c’est à dire en territoire ennemi, ayant été envahi par leur armée. Cette catastrophe avait été une conséquence directe de leur désobéissance sur plusieurs générations, comme les prophètes l’ont annoncé. Il ne s’agit donc pas d’une épidémie de l’époque. D’ailleurs, la Bible parle peu d’épidémie.

Mais il y a quelques SIMILITUDES tout de même.

Il s’agit du peuple de Dieu, et nous n’avons pas remplacé Israël mais nous sommes incorporés dans le peuple de Dieu par la foi au Dieu d’Abraham ; Le scénario de l’époque était catastrophique, comme celui d’aujourd’hui ; Les lecteurs n’étaient pas où ils voulaient être et ils souhaitaient que ce soit vite terminé. Dans cette circonstance, le message de Jérémie est bouleversant et plein de vérité. Notamment, concernant les plans de Dieu. Je préfère le mot « plan » que le mot « projet » car le mot plan est plus définitif. C’est ce que Dieu va faire.

LE PLAN DE DIEU EST LE SIEN

Ce titre est plus riche et plus profond qu’il n’en a l’air. Les plans de l’Eternel sont connus par Lui ; « Je connais les projets que je forme pour vous. » (v11). Le projet est à la mesure de la grandeur de notre Dieu. Son plan affecte toute l’histoire de l’humanité, du début jusqu’à la fin, et prend en compte tous les peuples, et ce plan est centré sur Lui notre Créateur. Ce projet-là, qui est dans la pensée de Dieu depuis avant la création du monde, est révélé progressivement. Et je dois dire qu’il est révélé dans les grandes lignes mais pas dans tous ses détails. Il parle en Ephésiens 1,9 d’un « projet bienveillant qu’il avait formé en Christ pour le mettre en œuvre lorsque le moment serait vraiment venu : tout réunir sous l’autorité du Messie, aussi bien ce qui est dans le ciel que sur la terre. »   Mais comment va-t-il le faire ? Par l’Evangile, mais on n’a pas tous les détails.

Il a révélé ses objectifs mais pas ses moyens. Dieu veut nous sauver en Christ, nous rendre conformes à lui par le Saint Esprit, nous faire grandir dans notre amour pour lui. Mais nous ne savons pas comment il va utiliser tel ou telle personne, telle circonstance pour ses objectifs. Quand Dieu dit « je connais les projets que je forme pour vous », il met l’accent sur le JE. « Moi, je connais les projets ». Nous, ne connaissons pas tous les secrets de Dieu, même en tant que ses enfants bien-aimés. Savez-vous aussi que Dieu peut entreprendre un projet qui dépasse les limites ? Qui peut dire ce qu’il dit en Jérémie 29 verset 10 « dès que 70 ans seront passés pour Babylone… » Il peut décider de quelque chose et l’annoncer pour le mettre en opération 70 ans plus tard !

Le chronométrage a surpris les lecteurs de Jérémie. Ils pensaient que si Dieu allait agir en leur faveur, ce serait tout de suite, dans 2 ans maximum ! Mais ce qu’annonçait Jérémie est résumé au v28 : « votre exil va durer ! » Le Seigneur n’est pas pressé et il n’est pas limité dans le temps. Il n’est pas non plus limité dans l’espace. Ce qu’il promet là est bien au-delà des frontières d’Israël. Cela concerne un royaume qui, à ce moment-là, était une super-puissance ! Et il affirme qu’il va faire sortir son peuple. Regardez le verset 14 « je vous ferai revenir à l’endroit d’où je vous ai fait partir en exil. » Comment peut-il faire ce genre de promesse ? C’est parce qu’il les a fait partir en exil. Il utilise trois fois cette même expression :

  • v4 « les exilés que j’ai emmenés à Babylone »
  • v7 « je vous ai exilés »
  • et puis au v14.

C’est Lui, et pas l’empire babylonien, qui les a déportés, et il pourra les faire sortir de là. Le retour promis en ces versets s’est réalisé -après ce message je vous encourage à lire Daniel 9 et Esdras 1 pour lire la suite.

Attention à notre foi : Ne croyons pas que le Seigneur est actif dans un lieu géographique uniquement. « Oui, il sauve des gens en Afrique, mais pas en Europe » ou « Dieu fait grandir des églises en Amérique, mais pas en Belgique » – c’est ce genre de mentalité qui restreint Dieu à ne pas pouvoir agir à Babylone comme à Jérusalem. N’oublions pas que Dieu n’est pas restreint à une période de l’histoire (le passé lointain). Il agit différemment en divers endroits et à différents moments, certes, mais il n’est pas diminué par le temps.

Reconnaissons aussi la différence entre ses plans et les nôtres. Nous aimerions lire ce verset différemment : « Je connais les projets que tu as pour toi » ; penser que Dieu approuve tous NOS projets et va transformer nos rêves en réalités ! Dieu met en garde contre ce genre de raisonnement (v8). Dieu a ses plans et il est clair que nous n’avons pas la capacité d’accomplir nos projets. Avez-vous eu la même expérience que moi ? Quand le confinement a été annoncé, mon agenda est devenu caduque. J’ai carrément biffé trois semaines pour recommencer à nouveau, tant les projets étaient annulés ! Ce matin [où j’ai donné ce message] nous avions un prédicateur visiteur prévu, mais ce plan aussi a été annulé. Et qui oserait aujourd’hui fixer un rendez-vous pour fin avril ou même réserver ses vacances d’été ? On a perdu l’habitude de dire « Dieu voulant… » mais nous comprenons aujourd’hui que si Dieu décide autrement, on ne peut rien y faire ! Nous n’avons pas la capacité d’accomplir nos projets. Lui, si.

LE PLAN DE DIEU EST BON

Le plan de Dieu est un projet de paix et non de malheur. Notez que ce plan n’est pas pour le bonheur de TOUS. En ce même chapitre, il est question de punition et de malédiction (v18). Achab, Sédécias et Shemaeja sont des hommes nommés dans ce chapitre qui ne seront pas bienheureux ou protégés. La difficulté quand on prend un verset comme Jérémie 29,11 sans lire le reste du livre est qu’on perd une grosse partie de son impact. On lit ici que Dieu a un projet de paix et non de malheur, et on pense « c’est sympa d’avoir un verset comme ça. » Mais quand vous lisez le livre de Jérémie, vous percevez ça d’une tout autre manière.

Après l’appel de Jérémie, au chapitre 1, Dieu dénonce l’idolâtrie de son peuple pendant de longs chapitres. Dieu annonce le malheur : A cause de leur infidélité, Dieu prévient qu’il va les juger, qu’il va envoyer l’envahisseur contre eux. Il y a des reproches et des menaces. Le Seigneur montre la différence entre lui et les idoles, accuse son peuple d’avoir violé l’alliance qu’ils avaient avec lui, et souligne que le jugement est inéluctable -il est trop tard pour ce peuple, et leurs rois sont trop corrompus. Jérémie avait à annoncer tout ça : le malheur de la juste punition pour leur péché. Il l’a fait fidèlement ! Et donc quand nous arrivons à ce verset 11 du chapitre 29, c’est comme l’aube, un espoir resplendit. Projet de paix ! C’est beaucoup plus frappant. Pour ceux qui lui font confiance, Dieu annonce la paix. Le mot bien connu, « shalom » qui décrit une paix profonde. Imaginez le bien que ça leur faisait d’entendre parler de paix, après avoir connu la guerre et l’envahisseur. Mais aussi, quelle grâce d’annoncer ainsi la paix à des gens qui avaient été en guerre contre Dieu. Il leur parle d’un avenir et de l’espérance ; la foi tournée vers l’avenir. Là encore, c’était très émouvant d’entendre cela. Au cas où ils croyaient, ces réfugiés israélites exilés, qu’ils étaient abandonnés par leur Seigneur, voici qu’il dit « il y a un avenir, et c’est un avenir que vous pouvez anticiper avec joie. » Dans un avenir proche, Dieu leur annonce la paix dans la ville même où ils habitaient -v7 « recherchez la paix [littéralement] de la ville où je vous ai exilés. » Au lieu de craindre que leurs maisons et leurs vignes soient volées par leurs ennemis, les Israélites exilés devaient construire et faire du jardinage (v5). Et même envisager des mariages, pour que le peuple de Dieu ait une descendance (v6). Parfois, avoir un enfant est un acte de foi en Dieu pour l’avenir. Adam et Eve ont eu un enfant après la chute -le monde était maudit mais Dieu avait annoncé un Sauveur qui serait un fils d’Adam. Ici les fidèles rescapés devaient avoir des enfants : leur monde était maudit, mais la descendance survivrait.

Au-delà de l’avenir proche, il y avait un projet de paix pour un retour dans leur pays : v10 « J’accomplirai ce que je vous ai promis en vous ramenant ici » (là où Jérémie écrivait, Jérusalem). Et cela s’est produit. En 458 avant Jésus-Christ, Esdras ramenait un grand groupe de 50 mille personnes.

Qu’en est-il pour nous ? Dieu veut aussi que nous ayons l’espérance. Romains 15,4. Notre espérance n’est pas liée à un lieu, à un territoire. Notre situation est pareille à celle à Babylone ; nous sommes en exil et nous pouvons apprendre de cette situation à rechercher le bien de notre société. Notre patrie est céleste, nous dit le Nouveau Testament. Nous attendons aussi que Dieu nous y amène.

Dieu veut nous faire du bien, mais nous pourrions expérimenter des difficultés. Certains pourraient être sous pression, inquiets. Certains seront éprouvés d’une autre manière. Bien sûr des chrétiens vont être malades, pourraient avoir le coronavirus ; certains pourraient mourir ou connaître le deuil. Des chrétiens fidèles souffrent ! Ezéchiel le prophète a perdu sa femme ; le roi David a perdu ses fils Amnon et Absalom.

N’annoncez pas des promesses que Dieu n’a pas faites ! Et ne croyez pas des affirmations qui ne sont pas bibliques ! Le chrétien qui meurt du coronavirus n’est pas moins aimé par Dieu que celui qui meurt d’un arrêt cardiaque ou d’une tumeur. Toutefois, la paix nous est promise ; l’avenir est assuré ; l’espérance est en Christ. Celles-là sont garanties aux chrétiens. Nous avons la paix avec Dieu, nous avons un avenir auprès de lui, il ne nous abandonnera pas.

Donc si quelqu’un est gravement malade je ne lui dirais pas « tu guériras » mais « tu ressusciteras, si crois en Jésus-Christ. » Voilà une promesse biblique. Ce fléau qui s’abat sur le monde nous force à reconnaître que nous sommes plus proches de la vie éternelle que nous le croyons d’habitude. Saisissons cela.

LE PLAN DE DIEU EST QUE NOUS LE TROUVIONS

Il a promis à Jérémie qu’il allait intervenir et agir ; il avait un projet, annoncé au v11, et puis quelle est la conséquence ? V12 – « Alors vous m’appellerez et vous partirez (ce sera la fin de l’exil). Vous me prierez et je vous exaucerai. » Dieu a en tête la relation, une proximité renouvelée avec ses enfants.

Qu’est-ce que Dieu aime entendre ses enfants prier ! Il aime tant que nous passions du temps en sa présence ! En Esaïe 30 il est dit « il n’attend que le moment pour vous faire grâce » -il a tellement envie de montrer sa compassion et sa bonté. J’aime bien ce poète chrétien qui a écrit « tu crois que tu as fait 10,000 pas pour t’éloigner du Seigneur, rappelle-toi qu’il ne faut qu’un pas pour revenir à Lui. » Et si c’est le cas pour quelqu’un qui m’écoute aujourd’hui, sachez que l’offre tient toujours. Nous nous égarons parfois un temps, un jour, une semaine, parfois toute une vie -et le Père céleste désire que nous revenions à Lui. Ainsi il écrit au v13-14 « vous me trouverez ». Dieu ne veut pas être caché. Il est comme ce papa de petits enfants quand il joue à cache-cache, qui se laisse facilement trouver. Il est invisible, mais il ne veut pas être inconnu.

Comme il est dit en Actes 17,27 « Il a voulu que tous les peuples cherchent le Seigneur et qu’ils s’efforcent de le trouver en tâtonnant, bien qu’il ne soit pas loin de chacun de nous. » Une relation est possible, mise en place et voulue par Dieu. Là nous nous rendons compte que l’Eternel veut être pour son peuple bien plus qu’un médecin (qui veut guérir) ou un agent immobilier qui veut leur trouver un domicile. Il est leur Créateur, il est leur Juge et il est Dieu.

La réponse de le chercher, l’adorer, le rencontrer est une nécessité absolue, essentielle à notre vie. Chercher et trouver Dieu, nous étions créés pour cela. Nous pouvons être tellement préoccupés par les informations quotidiennes que nous oublions l’essentiel. Qui peut dire aujourd’hui pourquoi ce virus s’est répandu autour du globe ? Quels changements cela apportera en 6 jours, en 6 mois, à notre vie, à notre monde ? Nous n’avons aucune idée de ce que Dieu est en train de faire en ce moment ! Mais nous savons ceci : Dieu veut que nous le trouvions.

Au point où Dieu n’est pas resté au ciel. Il a déchiré le ciel, il est descendu sur Terre, Emmanuel, Dieu parmi nous ; et celui que nous appelons Jésus était l’incarnation de Dieu, sa présence personnelle, visible. Dieu s’est fait connaître de la manière la plus visible et tangible qui soit, pour que Jean puisse écrire « nous l’avons vu de nos yeux, nos mains l’ont touché, nous en sommes témoins et nous vous l’annonçons, cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous. » (1 Jean 1,2). Après avoir marché dans la poussière de Nazareth et guérit des malades, après avoir fait entendre sa voix et son appel, le Fils de Dieu se rendit à la croix. Il mourut physiquement, agonisant pour ramener à Dieu les pécheurs que nous sommes.

Jésus est ressuscité : il vit, et il veut que nous vivions avec Lui. Il veut que nous le trouvions. Voyez l’effort qu’il a produit pour que ce soit possible !

L’avez-vous cherché ? « Vous me trouverez parce que vous me cherchez de tout votre cœur. »Si vous ne l’avez pas fait, cherchez-le. Je ne parle pas d’une démarche académique, mais personnelle. Soyez prêt à le trouver. Je le souhaite vivement, pour nos jeunes, pour les personnes que j’aime qui ne connaissent pas encore notre Dieu, que cette période de confinement sous la menace de la mort, soit le moment pour recevoir la paix avec Dieu et la vie éternelle. Priez-le, avec vos mots, à cœur ouvert, et écoutez ses promesses et son plan.

Et pour ceux qui ont déjà cherché Dieu et qui l’ont trouvé, vous savez que Dieu vous a répondu. Vivez alors dans la paix, la relation avec Dieu, l’espérance qui est la nôtre. « Tenez votre intelligence en éveil, soyez sobres et mettez toute votre espérance dans la grâce qui vous sera apportée lorsque Jésus-Christ apparaitra. » 1 Pierre 1,13. Notre espérance et notre avenir sont sécurisés en lui, au paradis.

En conclusion

La grandeur de Dieu ; la bonté de Dieu ; la proximité de Dieu. C’est de lui que nous avons besoin, même plus que d’un vaccin contre cette affreuse grippe.

Dieu tout-puissant, tu es celui qui parles aujourd’hui comme tu as parlé dans le temps. Tu as un projet qui traverse les siècles et qui est centré sur Jésus. Et nous voulons aujourd’hui, sans rien maitriser de notre avenir, mais en croyant à ta bonté, te demander que nous puissions être à toi, pour la mort et la vie. Que nous puissions te faire confiance pour le sort de nos familles, de nos amis, de notre ville et de notre pays. Et que nous puissions connaître cette relation de proximité avec toi.

Merci pour ta parole qui nous montre si clairement qui tu es ; puissions-nous la saisir et la suivre ! Amen.