La conversion, Comment Dieu se forme un peuple (M. LAWRENCE)

Michael LAWRENCE, La conversion, Comment Dieu se forme un peuple, Trois-Rivières [Québec], Cruciforme, 2019, 176 p.

Quelle est notre croyance, dans nos Eglises, au sujet de la doctrine de la conversion ?  Que prêchons-nous à son propos ? Comment présentons-nous la conversion auprès des non-croyants ?

Dans ce livre, Lawrence nous questionne sur nos discours et nos pratiques concernant cette doctrine majeure et essentielle en nous invitant, au vu des enjeux, à les remettre à la lumière de l’enseignement des Écritures. Il nous exhorte notamment à mettre en avant l’incapacité totale de l’être humain. A la naissance, dit-il, nous sommes tous des « morts-vivants » (p. 34). L’homme ne peut rien faire pour plaire au Dieu trois fois saint ; à cause de son péché, il est en proie à sa juste colère qui vient. Pour être sauvé, devenir enfant de Dieu, être intégré à son peuple avec l’espoir de vivre avec lui pour toujours, il nous faut renaître. Cette nouvelle naissance n’est possible qu’en laissant de côté notre illusion de pouvoir plaire à Dieu par nos bonnes actions.  Il nous faut embrasser la foi en Jésus seul.   « La conversion chrétienne est un sauvetage » (p. 59). 

Cette démarche de foi ne doit pas être encouragée d’une manière purement émotionnelle, explique l’auteur.  Elle doit être bien réfléchie à la lumière de la volonté du Christ pour nos vies. « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive » (Mt 16.24).

L’auteur nous encourage donc à rester vigilants face aux faux évangiles qui pullulent de nos jours, et qui voilent la vraie doctrine de la conversion, et à toutes les implications néfastes qui en découlent. Il dénonce, par exemple, le faux évangile centré sur les besoins ressentis par l’être humain, avec la tentation de réunir le plus de monde possible, et en négligeant d’axer nos prédications sur nos besoins réels. Les Eglises peuvent alors être remplies de gens sauvés de leur vie insatisfaisante et sans but. « Par contre, sont-ils sauvés de Dieu et de son jugement ? » (p. 111).

Lawrence nous encourage donc à rester fidèles à la doctrine de la conversion biblique par une prédication et une pratique calquées sur la révélation de la parole de Dieu. Il met en avant plusieurs avantages tels qu’une Eglise fréquentée par de véritables croyants qui poursuivent avec persévérance le bon combat, centrés sur la gloire de Dieu, portés par l’espérance chrétienne. « Notre théologie de la conversion importe parce qu’elle réoriente notre compréhension du but de l’assemblée et de ce que signifie en être membres » (p. 153).

Ce livre est un puissant rappel pour tous les pasteurs qui accompagnent et enseignent le peuple de Dieu, mais je le recommande aussi chaleureusement à tout croyant. Il nous permet de nous examiner pour savoir si nous sommes encore dans la foi (2 Co 13.5). Sommes-nous encore au clair avec l’essentiel de la prédication de la bonne nouvelle, la seule qui sauve vraiment ?  Sommes-nous encore bien au clair personnellement et dans nos assemblées avec la pratique qui découle de la nouvelle naissance ? 

Ce livre au ton encourageant et non pas culpabilisant peut être une vraie bénédiction pour tous ceux qui ont à cœur de rester fidèles à la parole de Dieu.

Par ailleurs, l’auteur fait de nombreuses citations intéressantes d’auteurs différents, ce qui permet aussi au lecteur d’aller puiser dans la bibliographie d’autres références d’ouvrages sur le même sujet.

Il y a toutefois un petit bémol à poser. En effet, il faut parfois laisser de côté les excès dénoncés qui sont liés au contexte évangélique américain et qui ne rejoignent pas toujours la réalité des Eglises francophones.

Néanmoins, le risque de se compromettre et de transformer le message de l’Evangile est universel et intemporel, et c’est bel et bien cet avertissement salutaire qui retentit dans ce livre et que l’Eglise du Christ à travers le monde doit entendre.

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