La prospérité ? A la recherche du vrai Evangile (Ouvrage collectif)

La prospérité ? A la recherche du vrai Evangile, Ouvrage collectif, tr. de l’anglais (Prosperity?: Seeking the True Gospel, 2015), Trois-Rivières [Québec], Héritage, 2018, 151 p.

Dieu nous a-t-il promis une vie facile dès maintenant ? Est-ce que le croyant en Jésus-Christ devrait s’attendre à recevoir des bénédictions matérielles de la part de Dieu ? La bonne santé ? La richesse ? Le bonheur et la réussite ? Ces choses nous sont promises par des prédicateurs de ce qu’on appelle « l’évangile » de la prospérité. En réalité, il ne s’agit pas d’un Evangile, car il n’y en a qu’un seul, celui qui promet la justification par la foi en Christ (cf. Ga 1,6-9). Beaucoup de croyants sont séduits par ce message car il « s’appuie sur les désirs les plus fondamentaux de l’homme »1.Ces enseignements nous guettent aussi en Europe francophone où plusieurs églises et des sites web prétendus évangéliques2 promulguent des enseignements de l’évangile de la prospérité.

Il est formidable qu’un livre écrit par plusieurs pasteurs africains ait récemment vu le jour en français. La préface précise que « [c]e livre a été écrit dans le but de contrer les dommages énormes que l’évangile soi‑disant de « prospérité » ou de « santé et richesse » est en train de causer en Afrique et dans le reste du monde.»3 Ce livre est à recommander à tout chrétien, que vous ayez entendu parler de l’évangile de la prospérité ou pas.

Dénonçant la théologie de la prospérité comme un « faux évangile », Kenneth Mbugua4 nous montre quatre distorsions qui différencient cet enseignement du vrai Evangile : « 1) Il proclame un petit Dieu ; 2) il ne parvient pas à identifier le plus grand besoin de l’homme ; 3) il vide l’Evangile de sa puissance ; et 4) il dépossède Dieu de sa gloire. »5 Le même pasteur nous montre que la théologie de la prospérité repose sur « [u]ne mauvaise compréhension de la Bible »6, et il aborde plusieurs versets qui sont souvent cités pour appuyer cette théologie (2 Corinthiens 8,9 utilisé pour nous promettre la richesse maintenant ; Esaïe 53 utilisé pour nous promettre la guérison maintenant ; Jean 15,7 utilisé pour nous donner carte blanche pour recevoir tout ce que l’on veut dans la prière, et 2 Corinthiens 9,6 utilisé pour promettre la richesse selon « la loi de la semence et de la moisson »7).

Michael Maura8 nous montre au chapitre 2 que « Dieu ne nous sauve pas avec l’intention première de nous bénir matériellement ; il nous sauve en vue de nous transformer et nous rendre semblables à Christ. »9

Le chapitre 3 nous montre à travers les exemples de Jésus, des apôtres et l’Eglise persécutée que la souffrance fait partie intégrante de la vie du chrétien dans ce monde en attendant le retour de notre sauveur. Par conséquent, la théologie de la prospérité « laisse les hommes et les femmes perplexes et mal préparés face à l’épreuve de la pauvreté et de la douleur. »10 Le même auteur nous signale au chapitre suivant que « [l]’erreur de leur prédication ne se trouve pas au niveau des biens que les chrétiens recevront, mais à quel moment ils les recevront. »11 La théologie de la prospérité nous promet des bénédictions dès maintenant alors que Dieu les a réservées pour la vie après la mort dans la nouvelle création.

Le chapitre 5, écrit par un pasteur de Zambie12, explique avec beaucoup de clarté ce qu’est le véritable Evangile selon la Bible : « Nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes. Si le fait d’être en santé et riche pouvait régler notre problème, nous n’aurions pas besoin de l’aide d’un Sauveur… Nous avons absolument besoin de l’intervention d’un Sauveur, mais c’est pour qu’il nous sauve de la mort éternelle. »13 Le dernier chapitre se base sur Romains 5,1-6 et parle des « bénédictions du vrai évangile » (la paix avec Dieu, l’accès à Dieu, la joie de l’espérance en la gloire de Dieu, la joie dans la souffrance), des bénédictions qui sont de loin supérieures à ce que la théologie de la prospérité nous promet.

Quelques appendices ajoutent à la qualité de l’ouvrage, le premier s’intitulant « Douze appels aux prédicateurs de l’évangile de la prospérité » par le pasteur John Piper. Ce sont des appels nécessaires à entendre. Le deuxième appendice est plus court et présente un résumé de l’enseignement biblique sur l’argent, et le troisième donne les noms de certains enseignants de cette théologie qui sont à éviter14.

Ce livre est excellent. Il présente les erreurs-clé de cette théologie et explique la vraie gloire du véritable Evangile. L’ouvrage vous aidera à refuser les enseignements de la prospérité et aussi apprécier davantage le glorieux Evangile de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ en qui nous avons toute bénédiction spirituelle maintenant et avec qui nous serons pour toute l’éternité dans sa gloire.

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  1. La prospérité ?, p. 78.
  2. Sur le site web www.topchrétien.com on trouve des enseignements de Joyce Meyer et de Joel Osteen qui enseignent tous deux une forme de l’évangile de la prospérité. Le site web www.enseignemoi.com héberge des enseignements de beaucoup de partisans de la théologie de la prospérité (Kenneth Hagin, Gloria Copeland, Benny Hinn, Creflo Dollar et plusieurs autres). Je recommanderais d’autres sites web chrétiens qui offrent des enseignements beaucoup plus fidèles à la Bible et encourageants pour le croyant (www.reveniralevangile.com, www.evangile21.thegospelcoalition.org, www.toutpoursagloire.com, www.larebellution.com pour n’en citer que quatre).
  3. La prospérité ?, p. 7.
  4. Pasteur à Nairobi au Kenya.
  5. La prospérité ?, p. 14.
  6. Titre du premier chapitre : La prospérité ?, p. 25.
  7. La prospérité ?, p. 35.
  8. Egalement pasteur à Nairobi au Kenya.
  9. La prospérité ?, p. 53.
  10. La prospérité ?, p. 75.
  11. La Prospérité ? p. 87.
  12. Conrad MBEWE.
  13. La Prospérité ? p. 102.
  14. Le quatrième appendice présente quelques ouvrages en anglais qui approfondissent le sujet. En français, nous recommandons le livret du CNEF sur le sujet, disponible en ligne.