Ralph Norton sur la prière (E. Norton, 1935)

Nous proposons dans cet article quelques extraits du livre d’Edith F. Norton concernant son époux : Ralph Norton and the Belgian Gospel Mission1.  Le but est de nous fournir un aperçu de la vie de prière du fondateur de l’Institut.  Nous pensons que cet article fera chaud au cœur des lectrices et des lecteurs qui connaissent le bâtiment du 7, rue du Moniteur…

Edith Norton reconnaît que son mari était un homme d’affaires doué.  Mais elle explique que sa réputation en matière de recherche de fonds et de ce que nous appellerions aujourd’hui le « marketing » était une source de souffrance pour lui, car la réalité, c’est que « ses grands triomphes s’obtenaient par un seul moyen – celui du Trône.  Quelques documents très précieux conservent une trace de ces incitations à prier ainsi que les accomplissements qui y sont associés »2.  En voici des extraits :

En décembre de l’an dernier3, les besoins financiers de la Mission étaient grands, et, tôt dans la matinée du 23 décembre, je me suis senti poussé dans le sens de prier pour 10.000$ en rapport avec ce mois-là.  Cela semblait beaucoup demander face aux grandes difficultés financières en Amérique et dans le monde, mais nous avions besoin de cette somme et même de plus.  Immédiatement je me suis senti rassuré quant à l’exaucement de cette prière, et, moins d’une heure plus tard, j’ai reçu une lettre de Philadelphie qui précisait que plus de 10.000$ avait été reçus avant le 11 décembre, et, avant la fin du mois, environ 14.500$ avaient été reçus.  Cela a grandement réjoui nos cœurs.  Assurément, Dieu pense à nous et pourvoit à tous nos besoins.

Je prie également afin que nous recevions au moins 5000$ en rapport avec le mois de janvier, et, tout récemment, j’ai reçu une lettre de Philadelphie qui expliquait que nous avions reçu quasiment cette somme avant le 13 janvier. […]

E. Norton poursuit :

Avant 1923 M. Norton en venait à la réalisation qu’une campagne de lancement de fonds pour un bâtiment allait devenir nécessaire à cause de la rapide croissance du travail et du besoin urgent de trouver un siège permanent à Bruxelles.  Comme d’habitude, il n’a pas reculé devant les responsabilités que cela entraînait : son seul motif de tremblement relevait de la possibilité de devancer le Seigneur dans ce projet.  Aussi s’est-il donné à la prière4.

Le paragraphe qui suit cite à nouveau Ralph Norton lui-même qui évoque, à deux reprises, « des années de prière » prononcée en vue d’un bâtiment central à Bruxelles (il s’agit de celui qui abrite actuellement l’Institut Biblique de Bruxelles), ainsi que « six mois de prière intensive ».  Les pages suivantes fournissent d’amples informations concernant des exaucements spécifiques en ce qui concerne l’emplacement du bâtiment, des dons, le retrait d’un acheteur concurrent, le concours d’un homme d’affaires croyant (converti grâce à la Mission).  Ce qui était vrai à partir de 1926, nous pouvons encore l’affirmer en 2019 : « Le bâtiment constitue aujourd’hui un monument de réponses à des prières5 ».

Le chapitre suivant contient beaucoup d’informations concernant la vie de prière du fondateur.  La distribution de portions des Ecritures et de traités s’accompagnait de prière en continu.  Ces lignes sont particulièrement intéressantes :

M. Norton croyait à la pratique de prier pour les plus petits des besoins, présumant que le Seigneur s’intéresse à tout ce qui appartient à ses enfants ou qui affecte leur bien-être. Parfois, après avoir prié pour un sujet qui semblait banal et inconséquent, il s’excusait auprès de sa femme : « Edith, j’avais peur que tu ries de moi pour cette prière mais je n’ai pas pu m’en empêcher. » Mais aucun doute que le Seigneur était réjoui de la simplicité de la foi manifestée par son enfant et l’a richement récompensée6.

Edith Norton cite, dans le même chapitre, un extrait de prédication qui date de 1933 et dont nous reproduisons une partie :

Dans la galerie d’art de Dieu, il y a deux superbes images et ces portraits sont dépeints par Dieu lui-même, donc absolument vrais. L’un d’entre eux est celui de Moïse et l’autre de Samuel, et votre connaissance de la parole de Dieu vous permettra de voir d’un coup d’œil que c’est l’image de deux grands hommes de prière. Nous avons donc deux images, Moïse et Samuel, et dans Ezéchiel nous en avons trois : Noé, Daniel et Job. Rappelez-vous des prières de Job. Quel grand homme de prière il était ! Job nous a donné une des plus sublimes leçons que nous trouvons dans la parole de Dieu ; une des plus grandes épopées de toute l’histoire, parce que la bataille qu’il a menée était une bataille universelle. C’est votre bataille, c’est ma bataille ; c’est la bataille de l’être humain qui souffre et de Dieu qui l’a délivré tout comme il me délivrera et vous délivrera, et Dieu l’a récompensé abondamment comme vous le savez. Il se tient sur cette haute montagne avec Dieu et avec Christ, donnant un exemple de prière majeur. Voici l’image de cinq personnes, cinq hommes.

Au passage, j’attire votre attention sur le fait qu’il y a un homologue au psaume 22. Là nous trouvons une préfiguration, si je peux dire, du Calvaire, de Christ priant dans une agonie de l’âme au-delà de toute compréhension. Au-delà de toute compréhension humaine, sauf par le pouvoir de l’Esprit de Dieu, c’est notre privilège d’entrer dans une telle agonie pour un monde perdu.

Ne devrions-nous pas demander à Dieu de nous donner la même vie de prière ardente ? Puis-je vous prendre dans la confidence pour un instant ? Minuit était passé la nuit dernière quand j’ai cessé de supplier Dieu de faire de moi un tel homme. C’est à cinq heures ce matin que j’ai recommencé à supplier encore : mes besoins personnels n’étaient pas le sujet principal, bien que les besoins soient grands, mais autant que je peux me souvenir, j’ai nommé tous les missionnaires de la Mission7.

Il n’est peut-être pas surprenant que les derniers mois de la vie de Ralph Norton aient pu être baignés de prière.  Voici le témoignage, encore une fois, de son épouse :

Je ne peux pas oublier que durant notre campagne d’évangélisation extrêmement chargée en Californie, en janvier 1934, il a pris deux jours qui auraient pu être consacrés au repos, pour aller jusqu’à San Diego où un groupe d’amis tenaient leur réunion de prière hebdomadaire, plus pour les encourager que pour son propre intérêt, bien que son amour pour la prière l’aurait facilement conduit à faire cela précisément8.

Quels jours mémorables que ceux passés à étudier la Bible sous les arbres, à passer la nuit unis en prière, à faire de longues randonnées la journée ! Je lis ce qui est écrit dans mon journal, à la date du 3 avril : « Ralph a jeûné et prié toute la journée. » Ceci n’était pas un jour exceptionnel dans sa vie. Souvent il était ainsi conduit à s’enfermer dans une pièce, seul avec Dieu et à s’éloigner des exigences de la chair. Jusqu’à ce qu’il atteigne un point de faiblesse certain, accompagné d’insomnies qui rendent cela impossible, il réglait son réveil sur six heures, pour qu’il ait ses deux heures avec le Seigneur avant le petit-déjeuner9.

Cet extrait donne un aperçu de l’importance de la confession dans la piété de Ralph Norton :

Le 27 juin, nous avons eu une journée de prière avec tous les missionnaires de la province. C’était un jour de fête spirituelle et d’examen de conscience aussi, alors que mon mari avait apporté un message qui était un véritable éclairage de la part du Seigneur, illuminant les recoins de plusieurs consciences où se cachaient des péchés non-confessés, et amenant plusieurs à la confession et à une soumission renouvelée10.

Quelques jours avant la mort de son mari, Edith Norton témoigne :

La nuit de lundi fut une mauvaise nuit, avec des périodes de délire tôt le matin. A minuit, alors que je lui tenais la main, j’ai pu saisir une phrase au milieu de paroles incohérentes : « Nous devons bientôt prévoir une journée de prière, nous en avons besoin, et nous en avons cruellement besoin11. »

  1. New York, Fleming H. Revell, 1935.  Traduction assurée par James Hely Hutchinson.
  2. P. 181.
  3. Il s’agit peut-être de l’année 1921.
  4. P. 181-182.
  5. P. 186.
  6. P. 193.
  7. P. 201.
  8. P. 227.
  9. P. 228.
  10. P. 229-230.
  11. P. 240.