7 mensonges sur le célibat (S. ALLBERRY)

Sam ALLBERRY, 7 mensonges sur le célibat, tr. de l’anglais (7 Myths about Singleness, 2019) par Entre2mondes, BLF Editions, Marpent (France), 2021, 156 p.

C’est le livre dont Tim Keller a dit : « Si Sam a raison – et c’est le cas –, l’Église entière doit s’approprier l’enseignement biblique sur le sujet1. » Fort de son expérience pastorale et de sa situation de célibataire, Sam Allberry s’attaque au sujet qui fait partie de son quotidien, le célibat. Le titre donne déjà une bonne indication de la manière dont ce livre est construit. Il est constitué de sept chapitres, chacun abordant une idée fréquente que les gens ont du célibat. Chaque fois, après avoir présenté brièvement l’idée, souvent sous forme d’une petite histoire, il ne perd pas de temps pour plonger dans les Ecritures et faire une analyse captivante qui débouche sur la réfutation de l’idée erronée. Ce retour constant à des passages de la Bible est omniprésent dans ce livre, même quand il donne des conseils pratiques. On peut aussi dire qu’il ne manque pas d’humour. Ce qu’il en résulte est un texte fort agréable à lire.

Dans un premier temps, il parle des avantages du célibat. Ensuite, il dédie tout un chapitre à la réfutation d’une idée qu’il qualifie de fausse, à savoir celle du « don du célibat ». Selon lui, cet enseignement soulève toute une série de problèmes. La partie centrale représente quatre chapitres et la moitié des pages. Elle traite de manières pour le célibataire de vivre des choses qui, selon les mythes, ne sont pas possibles pour lui. Il s’agit de l’intimité, de la vie de famille et du ministère pastoral. C’est ici que la faiblesse principale du livre se fait ressentir. Au fil de toutes ses expériences personnelles, nous découvrons un Sam Allberry avec une vie sociale extrêmement trépidante. Il parle de gens chez qui il peut aller même pour simplement ne rien faire ; il parle d’enfants et de jeunes avec qui il peut avoir une relation privilégiée ; et il parle d’un groupe diversifié d’une quinzaine de personnes avec qui il part en vacances chaque année. J’ai bien peur qu’un tel réseau social ne soit tout simplement pas à la portée de beaucoup de célibataires que je connais. 

Le livre se termine avec un chapitre plus sombre où l’auteur s’ouvre pour parler de toutes les difficultés auxquelles il fait face en tant que célibataire. Il parle de la souffrance liée à la perception que les gens ont de lui quand ils pensent que « célibat = immaturité » ; il parle de la dynamique de ses amitiés qui change quand les gens se marient ; et il parle de la perte qu’il ressent quand des amis déménagent. C’est là qu’une des forces de ce livre voit le jour, à savoir son honnêteté. Il a résisté à la tentation d’en faire un livre qui promette une solution miracle et sans effort. Les solutions qu’il propose à toutes les questions sont souvent assez rapidement présentées et cela les rend d’autant plus percutantes. Elles se trouvent dans les trois dernières pages de chaque chapitre, ce qui les rend très faciles à retrouver si on veut s’y référer ultérieurement.

Ce livre s’adresse, sans surprise, aux célibataires, mais je n’hésite pas à recommander à tout chrétien de le lire. Pour que les adultes seuls dans nos assemblées puissent arriver à une gestion saine de leur situation, il faudrait que les familles « y mettent du leur. » Il y a des perceptions à changer, des mains à tendre et des conseils à donner. Ce livre pourrait être un très bon outil pour arriver à ces fins.

 

  1. Dans la section des recommandations du livre, p. 2.