Le côté obscur de la vie chrétienne (P. DENAULT)

Pascal DENAULT, Le côté obscur de la vie chrétienne, Trois-Rivières [Québec], Éditions Cruciforme, 2018, 250 p.

Il ne faut pas beaucoup d’années d’expérience comme croyant pour apprendre que la vie chrétienne n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a de la souffrance, des épreuves, des déceptions, des doutes, des péchés, et ainsi de suite ! En suivant Jésus-Christ, nous passerons tous par des moments difficiles. Certaines épreuves sont pénibles mais passagères, et d’autres durent longtemps et nous poussent à nous poser des questions profondes. Où est Dieu dans tout cela et pourquoi me permet-il de passer par ces moments ?

Le livre Le côté obscur de la vie chrétienne par Pascal Denault est utile pour tous ceux qui passent par ces moments sombres et qui se posent des questions par rapport à ces moments – c’est-à-dire, nous tous ! Ce livre commence avec une exposition du psaume 13, un texte qui dépeint la situation de quelqu’un pour qui rien ne va plus. L’auteur tire plusieurs points de ce cas général, puis il consacre le reste du livre à certaines souffrances de l’âme plus spécifiques : 1) les doutes de la foi, 2) la dépression de l’âme et 3) le manque de croissance spirituelle.

La première section aborde les doutes de la foi. Denault présente « les trois piliers de l’assurance du salut1 » : 1) le sang de Christ (qui garantit notre salut), 2) les fruits de la vie nouvelle (qui démontrent notre salut) et 3) le témoignage du Saint-Esprit (qui nous convainc de notre salut). Il se tourne vers les Écritures et des auteurs, surtout de la Réforme, pour explorer et expliquer l’enseignement biblique sur le sujet.

La deuxième section examine la question de la dépression de l’âme. Denault ne traite ni des aspects physiologiques ni de la thérapie psychologique, sauf pour dire que ces choses peuvent être utiles ; il se concentre plutôt sur le côté spirituel. Il considère plusieurs causes de la dépression : le péché, la souffrance, le traumatisme, l’épuisement et le stress. Puis il explique des approches bibliques pour faire face à ces obstacles. Il nous avertit : « Bien qu’il n’y ait que l’Évangile qui apporte une guérison parfaite, cette dernière ne sera instantanée2. » Voilà pourquoi il faut une bonne compréhension et application de l’enseignement biblique.

La troisième section concerne le manque de croissance spirituelle, c’est-à-dire la sanctification.

Ce processus de devenir de plus en plus saint en conduite et en pensée peut être entravé par plusieurs choses : le péché, une mauvaise compréhension du piétisme et l’antinomisme. Pour le côté positif, Denault souligne le rôle fondamental de l’amour et le sens de la consécration dans la vie chrétienne.

Ce livre a plusieurs points forts qui le recommandent :

  • Les croyants ont besoin d’un bon enseignement biblique sur ce sujet.
  • Denault cite un bon nombre de textes bibliques pertinents, et il développe l’explication de certains textes en détail.
  • L’auteur introduit les réflexions d’autres commentateurs, surtout de l’époque de la Réforme, pour bien expliquer et illustrer les points principaux.

Si le sujet et l’approche générale du livre sont appréciables, il reste quelques éléments qui pourraient améliorer son argumentation :

  • Il court le risque de mal interpréter des versets ou, du moins, de ne pas donner assez de contexte pour que certains textes soient bien compris3.
  • Dans ses citations d’autres écrivains, il dépend un peu trop d’auteurs de la Réforme au détriment des autres époques, surtout de l’époque moderne.
  • Une critique un peu plus précise est son traitement de l’idée de la « loi » dans la section sur la sanctification. Il ne définit pas « la loi » mais il souligne que nous sommes appelés à y obéir. Selon le Nouveau Testament, nous sommes maintenant sous la nouvelle alliance, pas la loi mosaïque.

En dépit de ces quelques points faibles, ce livre reste une bonne explication de la réponse biblique au côté obscur de la vie chrétienne. Je crois que ce livre réussit à nous guider vers son but ultime : « nous conduire à cet état glorieux où notre cœur exulte en Dieu et chante sa bonté en nous apprenant comment nous confier en l’Éternel4. »

  1. Ces piliers viennent de La Confession de foi baptiste de Londres de 1689.
  2. P. 131.
  3. A mon sens, son traitement de Romains 7 n’est pas convaincant, ce qui rend le chapitre 11 problématique.  Un autre problème concerne son interprétation de Matthieu 18,19 (p. 235) : le participe assume la force du verbe principal, ce qui fait que traduire par l’impératif « Allez » est correct.
  4. P. 21.