Paris-Bruxelles, au cœur des attentats (J. WINSTON-YOUNG)

Janet WINSTON-YOUNG, Paris-Bruxelles, au cœur des attentats, Le récit poignant et porteur d’espérance d’une survivante des attentats de Bruxelles, s. l., Le Passeur, 2021, 254 p.

Les attentats survenus à Paris en novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016 ont bouleversé nos pays à l’époque.  Dans deux numéros du Maillon, nous les avions commentés.  Aujourd’hui, « les attentats font partie de l’histoire… » (p. 212), mais pas pour tout le monde.  Parmi les personnes pour lesquelles les séquelles restent vives se trouve l’auteure de ce livre et son mari Fred1.  Mère de trois enfants, cofondatrice – avec Fred – de FormaSport et fille d’un ancien directeur de l’IBB, Janet Winston-Young se trouvait à quatre mètres de l’un des kamikazes à l’aéroport de Zaventem lors de l’une des explosions meurtrières.  Humainement parlant, il semble qu’elle doive sa vie à une petite faute protocolaire commise par une employée à l’aéroport (p. 35-36).  Avec Fred et sa fille Chelsea, elle avait formulé cette prière ce matin-là : « Seigneur, dans les jours qui viennent, je te prie de placer des anges devant, derrière, à gauche et à droite de chacun d’entre nous » (p. 16). 

On peut s’interroger sur le choix du titre pour le livre, car le côté parisien est loin d’être sur le devant de la scène2.  Quoi qu’il en soit, le sous-titre décrit convenablement le contenu de l’ouvrage.  Du fait d’avoir tenu un journal intime (p. 174), l’auteure est bien placée pour exposer le déroulement des événements et permettre aux lectrices et aux lecteurs d’en apprécier la couleur locale.  Le récit est intime, honnête, absorbant et émouvant (à différents moments, j’ai dû me discipliner pour refouler les larmes).  L’humour ne manque pas (à une certaine époque, « …Fred ne parlait pratiquement pas le français, car je ne lui avais appris que l’essentiel : ‟Bonjour” et ‟Ma femme est belle” », p. 20).  Le livre éclaire bien comment le choc posttraumatique peut se manifester chez des personnes affectées par des catastrophes et peut ainsi développer notre empathie dans ce domaine.  Mais l’apport principal pour le croyant est sans doute celui d’être amené à glorifier Dieu pour sa providence remarquable (que de « coïncidences » frappantes !), y compris celle qui se déploie au moyen des actions bienveillantes du couple Young envers d’autres survivants.

Qu’en est-il du lectorat qui ne connaît pas encore le Christ ?  De façon habile, l’auteure fait le va-et-vient entre les événements et ses réflexions existentielles et théologiques.  Au fur et à mesure du déroulement du récit, bien des éléments apologétiques et des composantes de l’Evangile émergent.  La démarche se rapproche à certains égards de l’autobiographie de Guillaume Bignon recensée ici.  Ce n’est pas qu’on trouve dans cet ouvrage une présentation claire de la substitution pénale propitiatoire (cf. Es 53) ni de la justification par la foi seule (cf. Ga) ; on ne trouve pas non plus un appel direct et urgent fait au non-croyant à l’instar de Jésus (Mc 1,14-15) ou de Paul (Ac 17,30-31).  Mais non seulement la vie de Fred et Janet Young fait honneur à l’Evangile (cf. Tt 2,10), mais encore ce livre peut aisément être offert en cadeau qui puisse ensuite servir de passerelle conduisant à l’annonce du Christ crucifié et ressuscité (dans cette perspective, j’ai commandé un deuxième exemplaire que je compte passer à un voisin qui est lecteur).  Janet Winston-Young était prête à affronter la mort et a connu la paix au moment où elle pensait être en train de mourir (p. 39) ; que Dieu œuvre pour qu’il en soit ainsi d’un grand nombre de nos prochains qui sont actuellement sur le chemin qui mène à la condamnation.  

  1. Qui a parfois été prédicateur visiteur à la chapelle de l’IBB ces dernières années.
  2. Même si Janet Winston-Young est sensible au lectorat français : elle « traduit » les spécificités de la culture belge à son intention.