Vision du départ (1919/1925)

L’auteur est Henry Bentley, deuxième directeur de l’Institut.  Il écrit en 1925 dans trois numéros de Notre Espérance, le journal de la Mission Evangélique Belge.

I. L’Idée

A la suite de ses campagnes d’évangélisation en Amérique et en Angleterre, campagnes si richement bénies par Dieu, M. D.-L. Moody a laissé derrière lui trois institutions nouvelles.  Quelques chrétiens avaient, en effet, constaté que la bénédiction divine reposait sur la simple prédication de l’Evangile par un homme qui, tout en reconnaissant la grande valeur de la science, démontrait que pour le salut des âmes, la Parole de Dieu rendue efficace par le Saint-Esprit suffisait grandement.

Ces amis eurent le vif désir que l’exemple de M. Moody fût suivi d’une application plus large et, dirigés par l’Esprit de Dieu, ils contribuèrent à la fondation de trois Instituts où les doctrines et les méthodes du grand évangéliste pussent être inculquées à des élèves.  Ces Instituts furent fondés à Chicago et à Northfield, aux Etats-Unis et à Glasgow, en Ecosse.  En suite de la création de ces trois premiers, plusieurs autres, analogues, virent le jour.  Des hommes et des femmes y furent admis nombreux, et non seulement des jeunes gens, destinés au pastorat et au travail de l’évangélisation en général, mais aussi des jeunes filles.  Des cours leur sont donc donnés, les rendant capables de repartir plus tard, le cœur rempli d’un zèle plus intense et l’esprit enrichi d’une connaissance plus étendue de Dieu et de Sa Parole, en vue de devenir plus puissants pour amener des âmes aux pieds du Seigneur.

L’un des plus jeunes élèves de ces premiers Instituts bibliques est justement celui qui s’est établi, il y a six ans, à Bruxelles. Nous donnerons, s’il plaît à Dieu, dans les numéros suivants de ce journal, une courte esquisse montrant comment l’idée de M. Moody a été appliquée à l’évangélisation de la Belgique.

 

II.

Ayant senti le besoin, comme nous l’avons vu dans notre premier article, d’un Institut Biblique où l’instruction ne comprendrait que l’étude du pur Evangile et des meilleurs moyens de l’annoncer, on a fondé les Instituts Moody.  Leur création a donné naissance à plusieurs douzaines d’institutions similaires.

La première année où l’Institut Biblique de Chicago ouvrit ses portes, 140 élèves y sont entrés (90 hommes et 50 femmes), les bâtiments servant à les loger, respectivement, étant immédiatement remplis de personnes laïques qui, ne voulant ou ne pouvant suivre les cours des Facultés de Théologie, désiraient néanmoins apprendre à gagner pour le Seigneur des âmes perdues.

Les matinées furent, et sont encore, occupées aux cours en commun, les après-midis à l’étude personnelle des cours et aux visites à domicile ; les soirées à des réunions d’évangélisation dans la ville de Chicago et ailleurs.

Des milliers d’élèves sont sortis de cet Institut seulement, sans parler des autres, et ils se trouvent partout, dans les champs missionnaires, le pastorat, travaillant parmi les enfants, les pauvres, etc.  Six anciens élèves de cet Institut de Chicago sont maintenant en Belgique, où, aidés par d’anciens élèves d’autres Instituts Bibliques, membres avec eux de la Mission belge Evangélique, ils cherchent à répandre le pur Evangile dans ce pays qui en a tant besoin et à amener de précieuses âmes aux pieds du Sauveur.

Une des sections de la Mission belge est donc l’Institut Biblique, qui comprend deux écoles, l’une de langue française, l’autre de langue flamande.  Comme à Chicago, les matinées sont occupées par des cours, les après-midis par des études personnelles et du travail pratique, soit du colportage, soit des visites, soit même du travail manuel pour les besoins de la Mission ; et les soirées sont employées à des réunions, etc.

 

III.

Puisque l’instruction donnée dans les Instituts Bibliques est basée uniquement sur la Bible, il va sans dire que les élèves y ont vu s’approfondir leur connaissance des Ecritures et s’y affermir leur foi. Celui, par exemple, qui dirige maintenant l’Ecole Biblique de Bruxelles, est entré dans l’Institut de Chicago croyant déjà à l’inspiration plénière de la Parole de Dieu, bien que sa connaissance en fût très limitée.  Aussi, ses convictions s’y approfondirent, sa connaissance de la Bible y fut augmentée. Plus que jamais, il fut convaincu que ce Livre merveilleux, non seulement contient, mais qu’il estvéritablement, d’un bout à l’autre, la Parole de Dieu.  Il rend aussi ce témoignage que, plus il l’étudie, plus il y constate l’évidence de la direction divine, même dans le choix des mots. Ses collègues peuvent en dire autant.

Etant donc convaincus de l’autorité absolue de la Bible, et ayant expérimenté la puissance du Saint-Esprit pour la rendre efficace, les élèves apprennent également à compter sur la puissance de Dieu pour l’accomplissement de l’œuvre du salut des âmes.  L’érudition n’est point méprisée, certes, ni la logique non plus, mais ils savent que, pour convaincre une personne de son péché, tout cela n’est rien, si l’Esprit de Dieu n’est pas à l’œuvre.  Il s’ensuit que des pasteurs, des évangélistes, des diacres, des diaconesses, des missionnaires, des moniteurs d’Ecole du Dimanche, des visiteuses de malades, et même ceux qui, après avoir suivi les cours de ces Instituts sont entrés dans les affaires, tous ceux-là exercent une influence positive et chrétienne sur ceux qui les entourent.  N’ayant point de doutes sur la Bible, point d’hésitation dans le témoignage, ils ne peuvent rester indifférents devant le sort éternel des âmes qui les entourent.

Des gagneurs d’âmes, voilà ce que doivent être les enfants de Dieu.  Le Modernisme produit-il cela ?  Celui-ci nie de plus en plus la nécessité fondamentale de la conversion, de la régénération, disant que les hommes possèdent, déjà, par nature, la divinité. On nous parle, aujourd’hui, de l’humanité du Christ et de la divinité de l’homme ; et le diable en est tout aise. Les diplômés de notre Institut Biblique savent bien que, sans la « rédemption qui est en Jésus-Christ, sans « la foi en Son Sang », l’homme s’en va à la perdition terrible et éternelle. Ils cherchent donc, par tous les moyens à leur disposition, à sauver les précieuses âmes qui les entourent, en leur annonçant, dans la puissance du Saint-Esprit, l’Evangile de la grâce de Dieu.

Avec quels résultats !  Un diplômé de l’Institut de Bruxelles fut envoyé dans une ville où nous ouvrions une salle, il y a dix-huit mois.  A son arrivée, il trouva un auditoire d’une demi-douzaine de personnes. Aujourd’hui, malgré l’opposition de l’ennemi, une moyenne de cinquante personnes assistent aux réunions, environ une vingtaine se sont converties et trois de celles-ci vont entrer à l’Institut d’où est sorti leur pasteur.  Un autre de nos diplômés fut placé dans un poste duquel dépendaient deux annexes. Deux ans plus tard, ce travailleur infatigable pouvait ouvrir trois autres stations où l’Evangile est régulièrement prêché, sans parler d’autres endroits où il fait du colportage.  Et tout ce travail s’accomplit au travers de grandes difficultés…

Oui, la Parole de Dieu, l’Evangile, est toujours la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit; et, par la grâce de Dieu et à sa gloire, nous pouvons dire que l’Institut Biblique n’est pas inutile, en Belgique.