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Le Maillon Eté-Automne 2020

Editorial

La plupart des articles dans ce numéro ont été préparés avant que la crise du coronavirus ne commence à battre son plein. J’espère que vous les trouverez pertinents et édifiants. Au moment d’écrire ces lignes, les activités ordinaires de l’Institut sont suspendues (remplacées dans la mesure du possible par des solutions utilisant les nouvelles technologies). Nous avons dû faire face à la déception que représente l’annulation (sous la forme prévue en tout cas) de notre semaine d’évangélisation (la semaine la plus importante de l’année) ainsi que de notre journée de prière (la journée la plus importante du semestre).

Durant la crise actuelle, on peut se demander si Satan n’est pas en train de gagner. Les croyants ne peuvent plus se rassembler en Eglise locale ! Des congrès chrétiens tombent à l’eau ! Des semaines d’évangélisation sont annulées !

Mais n’oublions pas que l’Evangéliste, avec un E majuscule, c’est Dieu lui-même. Par sa providence, il orchestre l’évangélisation du monde. Il est intéressant de noter, dans les épîtres de Paul, que l’Evangile assume parfois un caractère quasi-personnel ou celui d’une force dynamique (Col 1,5-6 ; 1 Th 1,5 ; 2 Th 3,1-2 ; 2 Tm 2,9 ; cf. Mc 4,26-29). Par exemple, nous lisons en Colossiens 1 que « l’Evangile porte des fruits et progresse » (Col 1,5-6) ; Paul demande aux Thessaloniciens de prier afin que la parole « coure » (2 Th 3,1). Ou chez Luc dans le livre des Actes, nous lisons trois fois que la parole « croît » (6,7 ; 12,24 ; 19,20).

N’est-ce pas Dieu qui ouvre les portes propices à l’évangélisation, parfois accompagnées d’opposition (1 Co 16,9 ; 2 Co 2,12 ; Col 4,3) ? N’est-ce pas Dieu qui ouvre la porte de la foi (Ac 14,27) ? N’est-ce pas Dieu qui ouvre les yeux/l’intelligence/ ouvre le coeur/ouvre le sens des Ecritures (Lc 24,31-32.45 ; Ac 16,14 ; Ac 26,18)1 ? Luther n’avait-il pas raison de s’exprimer comme suit ?

…[J]e n’ai fait que proclamer, prêcher, écrire la parole de Dieu et rien d’autre. Et, tandis que je dormais ou que je buvais la bière de Wittemberg avec mes amis Philippe et Amsdorf, la parole a affaibli la papauté bien au-delà du plus grand affaiblissement occasionné par quelque prince ou empereur que ce soit. Je n’ai rien fait. La parole seule a agi.2

Il faudrait cependant ajouter que Luther était un combattant dans la prière3

Je sais que nous ne pouvons pas nous détendre avec nos amis, comme Luther. Mais Dieu utilise les nouvelles technologies ; et ne soyons pas surpris s’il ouvre des portes pour l’Evangile durant cette période particulière. Nos rassemblements n’ont pas lieu, mais bien des personnes qui ne sont pas encore croyantes sont effrayées par la propagation du coronavirus, et plusieurs personnes sont plus ouvertes pour parler de questions de vie et de mort. Saisissons ces occasions dans notre voisinage, sur notre compte Facebook, dans nos groupes WhatsApp. Prions Dieu afin que durant ces moments particuliers, la parole puisse courir. Elle n’est pas liée (2 Tm 2,9).

James HELY HUTCHINSON
Pour le Conseil académique et pastoral

  1. Cf. Peter T. O’BRIEN, Colossians, Philemon (Word Biblical Commentary 44), Waco [Texas], Word, 1982, p. 239.
  2. Martin LUTHER, D. Martin Luthers Werke, Kritische Gesamtausgabe 103, 18-19, Weimar, 1883ss, cité par James M. KITTELSON, Luther the Reformer, The Story of the Man and His Career, Minneapolis, Augsburg, 1986, p. 190.
  3. Pour des détails à ce propos, consulter le premier chapitre de Joel R. BEEKE, Brian G. NAJAPFOUR, dir., Taking Hold of God, Reformed and Puritan Perspectives on Prayer, Grand Rapids, Reformation Heritage, 2011, 267 p. (le livre en général est d’ailleurs chaudement recommandé).

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