Le Maillon Eté-Automne 2012

Éditorial

L’importance du zèle chez l’ouvrier de l’Evangile

Lors d’une récente prédication à la chapelle de l’Institut, le professeur Paul Every a attiré notre attention sur le personnage d’Apollos qui était à la fois « instruit » et « fervent » (Ac 18,25). Contrairement à ce que l’on pense parfois, ces vertus ne sont pas à opposer mais devraient aller de pair et se renforcer mutuellement. A l’Institut, nous visons à mettre l’accent sur les deux simultanément, conformément aux troisième et quatrième principes de fonctionnement qui découlent de notre vision (cf. l’encadré ci-dessous). Nous, membres du Conseil académique, sommes reconnaissants à Dieu de pouvoir observer chez beaucoup d’étudiants cette conjugaison de connaissances et de consécration. L’approfondissement des connaissances bibliques, nous l’observons d’un mois à l’autre en salle de cours ; quant à la ferveur, c’est ce qui nous a frappés particulièrement durant la semaine d’évangélisation – et cela dans les trois centres où nous étions à l’oeuvre. Alors que dans l’éditorial du numéro du Maillon d’il y a un an nous nous sommes attardés sur le troisième principe (la rigueur dans l’étude des Ecritures), arrêtons-nous maintenant sur le quatrième – et cela à titre de complément des trois rapports sur la semaine d’évangélisation que vous découvrirez dans ce numéro.

Dieu voulant, dans sept ans, et si notre Seigneur ne revient pas entretemps, l’Institut fêtera son centième anniversaire. Aux débuts de la vie de notre établissement, à l’époque où il s’appelait « l’Institut Biblique de la Mission Evangélique Belge », les responsables remplissaient, pour les étudiants, une fiche de renseignements (personnels, et relevant des études et de la pratique du ministère) et d’évaluation relative au caractère/à la personnalité. Voici les dix critères dont il était question en ce qui concerne le caractère :
• Tempérament
• Capacités intellectuelles
• Capacités pratiques
• Initiative
• Aptitude à diriger
• Coopération
• Peut-on compter sur lui ?
• Régularité
• Zèle
• Conduite

Il est frappant de constater que quatre d’entre ces critères – les quatre derniers – ont trait au « sérieux », à la ferveur spirituelle, à la maturité du caractère chrétien.

Indépendamment des fruits de leur futur ministère, dira-t-on de la génération actuelle d’étudiants qu’ils ont été caractérisés par le zèle (cf. Rm 12,11 ; Tt 2,14) ? Nous l’espérons bien.

Au regard des privilèges qui se rattachent à notre salut en Jésus-Christ, on peut s’interroger sur la question de savoir pourquoi un croyant ne serait pas zélé. Selon Romains 8,14-17, nous jouissons d’un statut extraordinairement privilégié (adoptés comme enfants de Dieu), d’une relation intime avec Lui (nous crions « Abba, Père »), d’un héritage glorieux (qui se concrétisera dans un nouveau cosmos, cf. Rm 4,13) : qu’est-ce qu’on pourrait demander de plus ? Si de nombreuses personnes qui se disent croyantes ne semblent pas trop se passionner pour leur relation avec Dieu, des clés potentielles d’explication à cela se trouvent dans le contexte. Il faut être prêt à mettre à mort le péché dans sa vie (v. 13) : on ne peut pas, d’un côté, faire fi des commandements de Dieu et, d’un autre côté, se plaindre de ne pas être conscient des privilèges d’être chrétien ! Il faut également être prêt à souffrir avec le Christ (v. 17). Les milliers de nos frères et soeurs de par le monde qui souffrent de la persécution physique à cause de leur foi ont compris ce que cela veut dire que de valoriser les privilèges dont ils bénéficient en Jésus-Christ. Sommes-nous prêts à nous identifier avec le Christ, à être l’objet de moquerie et de persécution du fait de promouvoir l’oeuvre de l’Evangile du Christ dans une société qui rejette le Christ ? Sommes-nous prêts à affirmer, dans une société pluraliste, qu’on accède au Père uniquement par le Christ – et non par l’Islam, ni par le judaïsme ? Sommes-nous prêts à souffrir l’opprobre qu’entraîne le fait de défendre les valeurs du Christ, d’aller à contre-courant de la tendance de notre société à approuver l’avortement, l’euthanasie, la pratique homosexuelle, le mariage homosexuel ? Sommes-nous prêts à payer le prix qu’entraîne le fait de vivre de façon conforme à l’éthique prescrite par le Christ, y compris pour ce qui est d’avoir une vie tournée vers les autres, de servir les autres dans l’Eglise, de faire des sacrifices quant à nos loisirs et nos passe-temps ?

Si ces questions s’appliquent aux croyants en général, elles s’appliquent au premier chef à ceux qui sont censés mener une vie exemplaire – aux anciens de nos Eglises, aux serviteurs de l’Evangile qui travaillent à temps plein pour promouvoir le règne de Dieu.

Nous préférerions, (presque) toutes et tous, connaître une vie tranquille que de souffrir. Mais le croyant zélé court le risque d’être privé de cette tranquillité. « Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui » (Rm 8,17).

Plaise à Dieu que les étudiants – ainsi que nous professeurs – continuent à faire preuve d’une disposition à mettre à mort le péché et à souffrir avec le Christ – pour la gloire de Dieu.

James HELY HUTCHINSON
Pour le Conseil académique

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