La sainteté de Dieu (R. C. SPROUL)

R. C. SPROUL, La sainteté de Dieu, tr. de l’anglais (The Holiness of God), Trois-Rivières [Québec], Impact, 2020, 240p.

Seriez-vous prêts à affirmer la déclaration suivante : « Le récit de l’Ancien Testament constitue principalement un récit de la grâce de Dieu » (p. 127) ? Ou encore : « Loin de raconter l’histoire d’un Dieu sévère, l’Ancien Testament parle d’un Dieu d’une patience extrême » (p. 132) ?

Peut-être vous demandez-vous : comment parler de la grâce de Dieu face au récit de la mort d’Uzza, tué parce qu’il a touché l’arche de l’alliance (1 Chroniques 13) ? Où est la patience de Dieu envers les fils d’Aaron, qui sont morts sur place pour avoir amené du feu étranger à l’autel (Lévitique 10.1-2) ? Et comment ne pas trouver Dieu trop sévère pour punir de mort ceux qui blasphèment son nom, dans la loi de Moïse ?

Tant que nous ne saisirons pas réellement ce qu’est la sainteté de Dieu, nous resterons choqués face à ces passages, et surpris face à ceux qui osent en parler. Nous resterons privés de comprendre la profondeur de ces textes, et de connaître Dieu tel qu’il est. C’est ce que montre ce livre de R. C. Sproul, La sainteté de Dieu : notre vision de Dieu est bien trop légère. Nous acceptons facilement les aspects du caractère de Dieu qui parlent de sa grâce, de son pardon, ou de sa proximité envers nous. Mais lorsque nous entendons parler de la colère de Dieu, de son jugement ou de sa haine contre le mal, nous sommes mal à l’aise, et nous ne voyons pas comment ces choses peuvent décrire le Dieu que nous connaissons.

C’est donc au sein même du caractère de Dieu que R. C. Sproul nous emmène, afin de découvrir la vision biblique d’un Dieu souverain, tout-puissant, saint, transcendant, et suffisant à lui-même. A l’aide d’analogies saisissantes, il nous aide à comprendre la sainteté de Dieu, et ce qu’elle implique pour nous. Nous sommes transportés, par l’étude de plusieurs textes souvent connus, à entrer « en terre sainte », pour être mis face à des réalités qui nous dépassent, et à un Dieu devant qui la seule réponse appropriée est celle du prophète Esaïe : « Malheur à moi ! » (Esaïe 6.5). 

Ce livre corrige ainsi notre « habitude de la grâce ». Nous avons tendance à prendre la grâce pour quelque chose de normal, de mérité, que Dieu nous doit. Comme le montre R. C. Sproul, Dieu est « tellement lent à la colère que, lorsque celle-ci finit par éclater, elle nous choque et nous heurte » (p. 132). Le jugement est mérité – la grâce ne l’est pas. Saisir la sainteté de Dieu nous permettra donc d’apprécier davantage la grâce et la compassion dont nous sommes l’objet. Car, après le « Malheur à moi » d’Esaïe, nous découvrons l’intervention grâcieuse de Dieu, qui expie son péché (Esaïe 6.7). Après la prise de conscience de notre péché et de notre jugement mérité face à la sainteté de Dieu, nous découvrons avec reconnaissance la manifestation de sa grâce par le sang du Christ. 

Il faut souligner que l’auteur fait preuve dans ce livre d’un langage très littéraire, parfois poétique, qui peut à première vue refroidir le lecteur. Cependant, lorsque l’on fait l’effort de comprendre les images qu’il utilise, on est véritablement saisi et porté dans une compréhension plus riche de certains concepts bibliques. 

Nous pouvons lire sur la 4ème de couverture de ce livre : « Lorsque vous découvrirez toute l’ampleur de la sainteté de Dieu, votre vie ne sera plus jamais la même ». Est-ce une promesse exagérée ? Non. C’est effectivement le cas. Il n’y a aucun sujet d’étude plus important que Dieu lui-même, et il n’y en a aucun qui a autant d’impact concret dans nos vies que celui-ci. Lisez donc ce livre pour vous plonger, un peu, dans l’immensité de notre Dieu !